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Opposition sénégalaise : Djimo Souaré appelle à sortir du piège de la réaction pour préparer 2029.

Dakar – Alors que le paysage politique sénégalais reste marqué par les conséquences du remaniement institutionnel intervenu en mai dernier, des voix s’élèvent au sein de l’opposition pour plaider en faveur d’un changement de stratégie à l’approche des échéances électorales de 2029.

Dans une tribune publiée récemment, Djimo Souaré, vice-président du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal et président du Conseil départemental de Goudiry, estime que l’opposition ne peut se contenter de réagir aux initiatives du pouvoir et doit désormais construire une offre politique capable de convaincre les Sénégalais.

Cette réflexion intervient dans un contexte particulier. Limogé de la Primature le 22 mai 2026 par le président Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko a rapidement rebondi sur la scène institutionnelle en étant élu président de l’Assemblée nationale. Une élection boycottée par les députés de l’opposition, qui contestent la régularité de la procédure et ont saisi les juridictions compétentes.

Pour Djimo Souaré, si cette posture de contestation était légitime sur le plan politique, elle ne saurait constituer à elle seule une stratégie de conquête du pouvoir.

« Une indignation, aussi légitime soit-elle, n’est pas un programme », soutient-il, estimant que les attentes des Sénégalais portent avant tout sur les réponses aux préoccupations quotidiennes telles que le coût de la vie, l’emploi, l’agriculture, l’énergie ou encore la santé.

Un nouvel espace politique à conquérir

L’auteur de la tribune considère que les tensions apparues entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko traduisent des divergences plus profondes au sein du camp au pouvoir. Selon lui, cette situation pourrait ouvrir un espace politique susceptible d’être investi par une opposition capable de proposer une alternative crédible.

Il estime notamment que les débats politiques actuels sont trop souvent centrés sur les rivalités entre les principaux leaders du pouvoir, au détriment des préoccupations concrètes des populations.

Pour le responsable politique, l’enjeu pour l’opposition est désormais de renouer avec le terrain, en privilégiant l’écoute des citoyens et la présentation de solutions aux défis économiques et sociaux.

Le « Yoonu Yokkute » comme socle de réflexion

Dans son analyse, Djimo Souaré invite également son parti, l’Alliance pour la République (APR), à revisiter le concept du « Yoonu Yokkute », slogan qui avait porté Macky Sall au pouvoir en 2012.

Selon lui, ce projet doit faire l’objet d’une évaluation critique afin d’identifier les acquis, mais également les insuffisances des douze années de gouvernance de l’ancien régime.

L’objectif, explique-t-il, serait de bâtir une nouvelle offre politique fondée sur l’expérience accumulée tout en tenant compte des aspirations exprimées par les électeurs lors de l’alternance de 2024.

Plaidoyer pour une nouvelle génération de leaders

Au-delà des programmes, la tribune insiste sur la nécessité de renouveler les visages de l’opposition. Djimo Souaré appelle à l’émergence de responsables politiques issus des différentes régions du pays et capables de parler aux jeunes, aux femmes, aux travailleurs du secteur informel ainsi qu’aux Sénégalais de la diaspora.

Pour lui, la reconquête du pouvoir passera autant par le renouvellement du discours que par celui des hommes et des femmes chargés de le porter.

À trois ans de la présidentielle de 2029, ce débat sur la refondation de l’opposition pourrait prendre de l’ampleur dans les prochains mois, alors que les recompositions politiques se poursuivent aussi bien au sein de la majorité que dans les rangs des forces opposées au pouvoir.

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