En visite à Touba dans le cadre du Magal de Mbacké Bary, le Premier ministre Ousmane Sonko a profité de son séjour pour effectuer son ziar auprès du Khalife général des Mourides. Invité par les ministres de l’Éducation nationale et de l’Assainissement, il a également pris part à la Journée scientifique organisée en prélude au Grand Magal.

Aux côtés de Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre, Ousmane Sonko a salué la vision éducative de la ville sainte, qu’il considère comme une source d’inspiration nationale. Il a notamment souligné la place centrale de l’enseignement religieux dans la formation de l’individu : « Nos chefs religieux ont la lourde tâche de façonner l’être humain jusqu’à en faire un modèle. L’islam n’exclut aucun savoir. Le Prophète (PSL) disait qu’il fallait aller jusqu’en Chine pour acquérir la connaissance, alors même que ce pays n’était pas musulman. »
Dans un ton mêlant gravité et humour, il a évoqué ses échanges avec Serigne Cheikh Thioro et Cheikh Bara Ndiaye : « Il m’arrive de les taquiner en leur disant que si eux avaient été à l’école, nous ne serions pas là où nous sommes aujourd’hui. »

Le Premier ministre a plaidé pour une refondation du système éducatif sénégalais : « Il est temps de sortir d’un système éducatif pour bâtir une société éducative. Les écoles catholiques ont très tôt compris cela. Le système franco-arabe aussi, malgré les obstacles qu’il a rencontrés. »
Évoquant les performances des jeunes de Touba dans les concours de récitation du Coran, Ousmane Sonko y voit un indicateur de la solidité du modèle local : « À combien de reprises avons-nous vu des enfants originaires de Touba remporter des concours de récital de Coran ? »
Dans un passage fort, il a exprimé toute sa déférence envers l’autorité du Khalife général : « Si Serigne Mountakha nous demandait de ne pas construire une seule salle de classe à Touba, nous nous exécuterions sans discuter. »
Il a par ailleurs salué l’Université Cheikh Ahmadoul Khadim, qu’il considère comme l’un des projets éducatifs les plus aboutis : « Cette université est l’une des réalisations qui me procurent le plus de satisfaction. »

Le Premier ministre a enfin lancé un appel aux communautés pour qu’elles prennent en main leur propre développement : « Nous devons apprendre à nous prendre en charge et cesser de tendre la main. Lorsqu’une communauté met en œuvre des projets d’intérêt général, il revient à l’État de l’accompagner. »
Concluant son intervention, Ousmane Sonko a plaidé pour une généralisation du modèle éducatif de Touba : « Le modèle que Touba propose sur le plan de l’éducation devrait être imité à l’échelle nationale. Je serais heureux de le voir implanté en Casamance. »
