Quelques semaines après son départ de la Primature, le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, s’est exprimé dans un entretien accordé à France 24 et Radio France Internationale. Revenant sur ses relations avec le président Bassirou Diomaye Faye, l’ancien Premier ministre a écarté tout risque de crise institutionnelle ou de déstabilisation du pays, tout en assumant ses critiques à l’égard de la trajectoire prise par l’exécutif.

Interrogé sur les tensions persistantes entre les deux anciens compagnons politiques, Ousmane Sonko a tenu à rassurer l’opinion publique. « Je ne pense pas qu’il y ait querelle. Le Sénégal est plus grand que les divergences politiques que nous pouvons avoir. Je peux rassurer tout le monde qu’il n’y aura pas de déchirure. Il peut y avoir des divergences politiques, programmatiques, mais pas de déchirure du pays », a-t-il déclaré.
Évoquant sa séparation avec le chef de l’État sur le plan institutionnel, le leader de Pastef a estimé que cet épisode s’inscrivait désormais dans l’histoire politique du Sénégal et ne constituait pas l’élément le plus marquant de son parcours.
Désormais à la tête de l’Assemblée nationale, il affirme vouloir consacrer toute son énergie au renforcement du pouvoir législatif et à la valorisation du rôle de l’institution parlementaire. « Je dois remercier le peuple sénégalais d’avoir porté sa confiance sur un candidat que j’ai moi-même désigné, puis de nous avoir accordé une majorité écrasante à l’Assemblée nationale », a-t-il souligné.
L’ancien chef du gouvernement a également rappelé qu’il restait comptable du bilan de l’alternance, refusant de se désolidariser de l’action menée depuis l’arrivée du Pastef au pouvoir. « J’ai été Premier ministre pendant deux ans. Mon bilan parle pour moi-même et je souhaite pour le reste de ce mandat qu’il y ait tout le succès possible pour le bonheur du peuple sénégalais », a-t-il affirmé.
Cependant, Ousmane Sonko n’a pas caché ses désaccords avec la direction actuellement suivie par l’exécutif. Sans employer le terme de « trahison » sur un registre émotionnel ou moral, il a estimé que plusieurs engagements pris durant les années d’opposition n’étaient plus respectés. « Ce sont des engagements qui ont été pris vis-à-vis du peuple sénégalais pendant dix ans d’opposition et dont beaucoup ont été complètement dévoyés dans la trajectoire qui a été choisie », a-t-il déclaré.
Pour le président de l’Assemblée nationale, le véritable débat doit porter sur le respect des promesses faites aux Sénégalais. Il considère qu’une partie importante de ces engagements a été abandonnée ou ne fait plus l’objet d’une volonté politique de mise en œuvre.
Par cette sortie médiatique, Ousmane Sonko acte ainsi la rupture politique avec le président Bassirou Diomaye Faye tout en réaffirmant son attachement à la stabilité des institutions et à la réussite du mandat issu de l’alternance de 2024.
