L’Union Nationale des Pêcheurs Artisanaux du Sénégal (UNAPAS) a poursuivi, ce dimanche 08 février 2026 à Cap-Skiring, sa campagne nationale baptisée « Porter le flambeau pour la protection des métiers de la pêche artisanale ». Cette étape dans le sud du pays a été marquée par l’organisation de régates symboliques par la section locale de l’UNAPAS, en présence des membres du Bureau exécutif national.

À travers cette mobilisation, l’UNAPAS réaffirme son plaidoyer en faveur du recul des bateaux de pêche industrielle à 12 milles nautiques des côtes sénégalaises, une mesure jugée indispensable pour la protection des pêcheurs artisanaux et la préservation des ressources halieutiques. Selon l’organisation, cette disposition permettrait aux pêcheurs artisanaux de continuer à approvisionner durablement les populations sénégalaises en poisson, contribuant ainsi à la souveraineté alimentaire du pays.

Le choix de Cap-Skiring comme étape stratégique de la caravane repose sur les résultats d’une cartographie des zones de conflits entre la pêche artisanale et la pêche industrielle. Celle-ci met en évidence la fréquence des incidents impliquant des navires industriels et des pirogues artisanales dans la zone sud, notamment à Cap-Skiring, Kafountine et Ziguinchor.
Ces conflits ont des conséquences lourdes pour les communautés de pêcheurs : destruction des engins de pêche, heurts entre navires et pirogues, chavirements et, dans certains cas, disparition de pêcheurs en mer. Une situation alarmante qui fragilise davantage des ménages déjà exposés à la précarité.

Selon l’UNAPAS, les difficultés rencontrées dans le sud du pays sont similaires à celles observées sur la Grande Côte, de Saint-Louis à Cayar, ainsi que sur la Petite Côte, de Thiaroye à Djifère. Face à cette réalité nationale, l’organisation estime urgent que les autorités sénégalaises prennent des mesures fortes pour sécuriser les 718 kilomètres de côtes du pays et protéger les pêcheurs qui y exercent quotidiennement.
L’UNAPAS rappelle que les autorités actuelles s’étaient engagées, lors des campagnes électorales présidentielle et législatives, à revoir la délimitation des zones de pêche, en repoussant les navires industriels au-delà de 12 milles nautiques. Deux ans après leur accession au pouvoir, cette promesse tarde cependant à se concrétiser. En mer, dénoncent les pêcheurs, les incursions se poursuivent et les pertes matérielles s’accumulent, sans réponses jugées satisfaisantes de la part du ministère en charge des pêches.

« Un engagement n’est pas un vain mot. Ne pas respecter ses engagements, c’est trahir la confiance des communautés côtières », a déclaré Macoumba Dièye, président de l’UNAPAS, appelant les autorités à honorer leurs promesses envers les pêcheurs artisanaux.
Au-delà des conflits avec la pêche industrielle, les pêcheurs de Cap-Skiring font également face à la problématique de la frontière maritime avec la Guinée-Bissau. Le manque de maîtrise des limites exactes expose de nombreuses pirogues sénégalaises à des arraisonnements par les garde-côtes bissau-guinéens, accentuant l’insécurité en mer.
L’UNAPAS rappelle enfin que la pêche artisanale constitue un pilier essentiel de l’économie nationale, de la stabilité sociale et de la sécurité alimentaire. À ce titre, la protection des métiers de la pêche artisanale devrait, selon l’organisation, être une priorité de l’action publique.

Pour finir , l’UNAPAS appelle solennellement les autorités sénégalaises à respecter leurs engagements et réitère ses principales revendications, notamment la réservation exclusive de la zone de 0 à 12 milles nautiques à la pêche artisanale, l’audit du pavillon de pêche sénégalais, ainsi que le renforcement de la sensibilisation et de la surveillance dans les zones frontalières maritimes.
