
La modernisation numérique de l’école sénégalaise franchit une nouvelle étape. Ce jeudi 19 février 2026, une cérémonie de valorisation des personnels certifiés en compétences numériques (C21) et en intelligence artificielle (CIA) s’est tenue au Building administratif Mamadou Dia, à l’initiative du Ministère de l’Éducation nationale du Sénégal, en partenariat avec l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane et le programme FORCE-N.

Plus de 3 000 enseignants et personnels de l’éducation ont été distingués, marquant la clôture de la première phase pilote d’une formation en ligne consacrée au numérique et à l’intelligence artificielle. Pour les autorités, cette initiative constitue un levier majeur de transformation du système éducatif et de renforcement du capital humain.

Une ambition stratégique portée au sommet
Présidant la cérémonie, le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, a insisté sur la dimension stratégique du programme. Selon lui, il ne s’agit pas uniquement d’intégrer des outils technologiques, mais d’engager une réforme en profondeur des pratiques pédagogiques.
Il a souligné que l’enseignant demeure au cœur du processus d’apprentissage et doit être pleinement accompagné face aux mutations numériques. Au-delà du « New Deal technologique », il a mis l’accent sur la nécessité de préserver des valeurs essentielles telles que l’éthique, l’inclusion et l’empathie dans l’usage de l’intelligence artificielle à l’école.

Cap sur la généralisation
La phase pilote, qui concerne un peu plus de 3 000 bénéficiaires, n’est qu’un point de départ. Le ministre a rappelé que le Sénégal compte environ 111 000 enseignants et que l’objectif est de rendre ces formations progressivement obligatoires. L’ambition affichée est claire : réduire les inégalités éducatives et améliorer l’accès au savoir, notamment dans les zones confrontées au déficit d’enseignants. Appuyé par l’intelligence artificielle, un enseignant pourrait élargir considérablement son impact pédagogique et toucher davantage d’élèves, y compris dans les territoires les plus éloignés.
L’IA est également perçue comme un outil stratégique pour faciliter la diffusion des contenus pédagogiques dans les langues nationales, renforçant ainsi l’inclusion et l’accessibilité.

Innovation et encadrement des usages
Du côté des formateurs, l’heure est au partage des compétences acquises. Aby Guèye, coordonnatrice nationale de l’éducation artistique et formatrice, a réaffirmé l’engagement des certifiés à diffuser les bonnes pratiques au sein de leurs établissements.
Si l’enthousiasme est réel, la vigilance reste de mise. Les risques liés à une mauvaise utilisation de l’intelligence artificielle — notamment la tricherie ou la dépendance excessive aux outils numériques — sont reconnus. Pour les acteurs du programme, l’enjeu consiste à encadrer les usages afin que la technologie renforce l’apprentissage au lieu de l’affaiblir.

Une école en transition
À travers cette initiative, les autorités entendent positionner l’école au centre de la transition numérique nationale. Modernisation des pratiques, inclusion accrue et réflexion éthique accompagnent désormais l’intégration du numérique et de l’intelligence artificielle dans la politique éducative.
Avec la perspective d’une généralisation des formations et l’implication des enseignants certifiés, le Sénégal ouvre ainsi une nouvelle séquence de transformation, visant un système éducatif plus équitable, plus performant et mieux adapté aux défis du XXIe siècle.



