Le chef de l’état Macky Sall, président en exercice de l’UA, a présidé ce Jeudi février 2023, au CICAD de Diamniadio, la cérémonie d’ouverture 2e Sommet sur le financement des Infrastructures en Afrique. (DFS-2) . A cet effet et en présence de Paul KAGAME président du Rwanda, de Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l’Union africaine et de plusieurs chefs de Gouvernement et d’institutions, Macky SALL est largement revenu sur l’importance des infrastructures dans le développement.
En effet dira t’il « l’infrastructure, c’est le nerf du développement, et le fil conducteur de l’intégration ; parce que c’est elle qui soutient l’activité économique et assure la mobilité indispensable au processus d’intégration. Or, en Afrique, notre déficit en infrastructures physiques et numériques reste encore élevé. » a dit Macky SALL. Un constat alarmant malgré la disponibilité d’abondantes sources d’énergie qui aident à éclairer le monde, « plus de 600 millions d’africains n’ont pas encore accès à l’électricité et dans nombre de nos pays, le transport routier et ferroviaire reste encore problématique. Il en est de même pour le transport aérien, où, pour voyager d’un pays à un autre, on est parfois obligé de sortir du continent. » a déploré Macky Sall.
Cependant en 2014, au premier sommet de Dakar sur le financement du PIDA, avait été lancé un Plan d’action prioritaire de 16 projets. Dans la même foulée, Africa 50 a été créée en tant que plateforme d’investissement dans les infrastructures, pour passer de la vision à l’action. Ainsi, « en dépit de nos difficultés structurelles et des effets de la pandémie COVID-19, l’Afrique est en chantier. » s’est réjoui le président en exercice de l’UA. A titre d’exemple, « avec un prêt de la BAD, le Sénégal et la Gambie se sont associés pour réaliser en 4 ans seulement le pont de la Sénégambie sur le fleuve Gambie. Et en novembre 2021, le Sénégal et la Mauritanie ont lancé le chantier du pont de Rosso, sur le fleuve Sénégal, qui sera réalisé en 30 mois, avec le concours de la BAD, de l’Union Européenne et de la Banque Européenne d’Investissement. » a cité Macky SALL.
Malgré les nombreux qui restent encore à réaliser, les progrès du continent en matière de construction d’infrastructures sont réels et visibles et cela malgré que les infrastructures restent encore sous-financées en volume et mal financées en termes de taux d’intérêt et de délais de remboursement. Selon le dernier Rapport annuel du Consortium pour les infrastructures en Afrique, publié en décembre, le financement des infrastructures en Afrique s’élevait à 81 milliards de dollars en 2020, contre 100 milliards en 2018.
Ce Consortium pour les infrastructures en Afrique a été mis en place en 2005 à Gleneagles, au sommet du G8 d’alors (G7 aujourd’hui). Il rassemble autour de la BAD, les principaux partenaires bilatéraux et les banques de développement actives sur le continent. Il est, cependant avéré que l’impact de la pandémie a freiné les efforts sur les infrastructures, avec le ralentissement de l’activité économique et la réorientation des dépenses publiques vers des urgences sanitaires et sociales. Mais, même sans ces difficultés conjoncturelles, « l’Afrique a toujours payé cher ses projets à cause de taux d’intérêt élevés. En outre, pour des financements aussi lourds et des infrastructures de longue durée, nos pays sont souvent tenus de rembourser leurs dettes dans des délais souvent courts, à quelques exceptions près. » regrette le chef de l’état Macky SALL
Ainsi selon lui, « la problématique du financement restera entière tant que perdurent les règles et pratiques de la gouvernance économique et financière mondiale qui entravent l’accès de nos pays à des ressources conséquentes, et à des conditions soutenables. Je pense, entre autres, aux notations abusives des agences d’évaluation et à la perception du risque d’investissement en Afrique, toujours plus élevée que le risque réel. » Des points sur lesquels « j’ai constamment posé le débat, notamment à l’OCDE, au G7, au G20 et aux Nations Unies sur les conditions de financement de nos économies, en particulier pour les infrastructures.Il me semble important de continuer à porter le plaidoyer dans le cadre des échanges sur la réforme de l’architecture financière mondiale. » a dit le président en exercice de l’UA. Cependant, ce dernier estime qu’il faut faut aussi relever les défis de la planification et de l’ingénierie technique et financière des projets pour les rendre bancables. Ainsi, « 61 % des 69 projets du 2e Plan d’action prioritaire du PIDA n’ont pas encore fait l’objet d’études de faisabilité pour être susceptibles d’attirer des investisseurs privés. Il y a lieu de créer une synergie entre les banques multilatérales de développement, les partenaires techniques et financiers, et le Fonds de préparation des projets du NEPAD pour améliorer les études de faisabilité des projets prioritaires. » a dit Macky SALL lors de son discours d’ouverture du 2e sommet sur le financement des infrastructures en Afrique qui se tient au CICAD de Diamniadio du 2 au février 2023.
