
Dans le cadre de ses activités, Enda Ecopop en partenariat avec la Fondation Hewlett, a organisé ce matin à Dakar, un atelier de plaidoyer pour promouvoir un changement de politiques en faveur d’une gouvernance territoriale inclusive au Sénégal. Cet événement qui a réuni plusieurs acteurs clés , vise à renforcer la participation des groupes vulnérables, notamment les femmes, les jeunes et les personnes en situation de handicap, dans les processus de gouvernance locale. Venu copresider, cette rencontre, Bachir Kanouté, président du conseil d’administration de Enda Ecopop , déclare, « cette initiative a démarré il y a deux ans. Et depuis deux ans, nous avons accompagné six communes dans trois régions, de Kerdougou, Kolda et Tambakunda, à voir comment est-ce que la responsabilité sociale d’entreprise permet d’impulser le développement à partir des redevances et des taxes qui sont reversées dans les communes bénéficiaires. Mais surtout, comment tout ça permettra aux bénéficiaires de prendre en charge les groupes les plus vulnérables. Ce sont les jeunes. Vous savez que le problème des jeunes aujourd’hui se pose avec acuité. C’est aussi les femmes. Elles sont la moitié, et malheureusement cette moitié est souvent oubliée, mais c’est aussi les personnes handicapées qui constituent environ 10 à 15% de la population », a – il souligné.
A l’en croire, l’enjeu, c’est de dire comment est-ce que ces communautés peuvent être impliquées pour qu’ils puissent diagnostiquer leur territoire, identifier les besoins, les priorités, mais surtout que ces priorités puissent être inscrites dans le budget et prises en charge. par les ressources qui viennent des entreprises qui font de l’extraction minière. Alors, je le disais tantôt, nous sommes dans un contexte de trois régions qui sont immensément riches du point de vue du potentiel, du point de vue des capitaux et du point de vue de ce qu’il y a comme ressources naturelles, mais qui paradoxalement sont très pauvres du point de vue des ressources humaines et des personnes et des populations qui y sont, comment est-ce qu’ils ont accès aux services publics.
Donc l’enjeu du programme c’était de connecter ces deux-là, la richesse du territoire et la pauvreté des communautés, pour que les communautés, les élus et l’administration mais aussi les entreprises du secteur privé qui font l’exploitation puissent discuter ensemble et qu’ils puissent assurer une prise en charge pour que ces droits économiques, sociaux et culturels des communautés », a – t- il ajouté. Le but de ce programme, c’est la capitalisation des résultats du projet REGARD, mis en œuvre dans le sud-est du pays pendant deux ans, au profit de six communes, dans les régions de Kérougou, Kolda et Tambakounda et qui est une initiative pour une responsabilité RSE, responsabilité sociétale d’entreprise et une gouvernance locale sensible aux droits des femmes, des jeunes et des personnes handicapées. Insistant sur l’importance de cette initiative, il ajoute , » tout cela pour contribuer à la réalisation d’un développement durable, endogène, qui a un alignement avec les nouvelles orientations de l’agenda de transformation systémique de l’État.
Je souhaiterais féliciter particulièrement les parties prenantes qui ont été dans cette initiative.Je veux citer d’abord les communes, mais surtout la mobilisation des organisations de femmes et de jeunes qui ont permis d’adresser un certain nombre de problématiques qui reviennent sur le capital humain, sur le capital naturel et un peu sur un certain nombre de dispositifs législatifs et réglementaires qui encadrent tout ce qui est financement des collectivités territoriales par le but de l’ARS », a déclaré M. Kanouté.

Le projet REGARD-Sénégal , mis en œuvre depuis deux ans, cible six communes dans les régions de Kolda, Kédougou et Tambacounda. Ces zones, bien que riches en ressources naturelles et économiques, sont confrontées à des défis majeurs :Un taux de pauvreté élevé (71 %), notamment dans la région de Kolda, qui enregistre un taux de chômage de 38,8 %, bien au-dessus de la moyenne nationale (25,7 %); Une exploitation minière et une surexploitation des ressources naturelles qui exacerbent la pauvreté et les inégalités; Une décentralisation financière insuffisante, limitant la capacité des collectivités territoriales à agir efficacement; Une faible prise en compte des droits des groupes vulnérables dans les politiques de responsabilité sociétale des entreprises (RSE). » Y prenant parole, M. Arona Ba , le directeur des collectivités territoriales, est largement revenu sur les grandes avancées engendrées par ce programme qui a permis la formation 2729 acteurs territoriaux. » Nous estimons que la capitalisation de ce projet mis en œuvre encore une fois avec ENDA et COPOP, au bénéfice des communes du sud-est du pays, devraient nous permettre d’avoir un retour d’expérience assez intéressant que nous pourrons capitaliser dans le processus d’échange qui est en cours présentement au ministère et qui prépare la grande réforme de la décentralisation. et il correspond à la tenue, pour le mois de mars à venir, d’une rencontre territorialisée avec l’ensemble des catégories d’acteurs autour d’une thématique dédiée à la fiscalité ou au financement.
Et nous estimons que la RSE, avec toutes ses implications, devrait pouvoir être parmi.Les thématiques qui sont adressées à cette occasion. Il faudrait souligner pour terminer l’importance de l’intercommunalité et de la coopération territoriale pour pouvoir être dans le prolongement continu programme « , a – t’ il soutenu. En ce qui concerne les perspectives dudit programme , ce dernier déclare, » nous avons pris des engagements dans le cadre de la vulgarisation du budget participatif, dans le cadre de l’accompagnement que nous faisons en direction des collectivités locales pour une meilleure performance, aller donc au-delà des 6 communes de la première phase du projet pour permettre à la zone d’engranger plus d’impact avec des mécanismes adaptés dans le cadre du projet Regard qui grandit au quotidien. D’abord, il faudrait se réjouir que le projet ait eu lieu et ait permis, par une approche scientifique et technique, d’adresser, quand même des problématiques majeures.
Cette expérience endogène nous a permis au Moins de situer l’action du projet. Donc au cœur de bénéficiaires comme les femmes et les jeunes et les personnes handicapées. Pour ne pas dire les personnes souffrant d’handicap. Et ça, c’est déjà un acquis. L’autre chose qu’il faut saluer, c’est la prise de conscience que les communautés à la base », a- t- il annoncé. Cet atelier s’inscrit dans une dynamique de plaidoyer pour une gouvernance plus équitable et inclusive, essentielle pour relever les défis socio-économiques et environnementaux auxquels font face ces régions. En renforçant la participation citoyenne et en intégrant les droits des groupes vulnérables dans les politiques publiques, Enda ECOPOP et ses partenaires contribuent à bâtir un avenir plus durable et inclusif pour les communautés locales.
