Réforme de l’Acte IV de la Décentralisation : Kédougou clôture 18 mois de concertations nationales

Kédougou a abrité les concertations finales entre les acteurs territoriaux et le ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires (MUCTAT), marquant l’aboutissement de dix-huit mois de dialogue national autour de la réforme de l’Acte IV de la Décentralisation.

Sous l’impulsion du Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et du Premier ministre, Ousmane Sonko, ce processus participatif a permis de parcourir l’ensemble du territoire national afin de jeter les bases d’une réforme profonde de la gouvernance locale.

S’exprimant à l’issue des travaux, le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, Moussa Bala Fofana, a souligné la portée historique de cette démarche : « Pendant dix-huit mois, nous avons écouté les territoires, leurs élus, leurs autorités traditionnelles, leurs citoyens. L’Acte IV de la Décentralisation ne sera pas une réforme technocratique, mais le fruit d’un dialogue national sincère et inclusif », a-t-il déclaré.

Un tour du Sénégal pour bâtir une réforme de fond

Les concertations ont été organisées à travers plusieurs étapes majeures, chacune consacrée à des enjeux stratégiques de développement territorial. De Dakar à Kaolack, en passant par Mbour, Saint-Louis, Thiès, Matam, Sédhiou, Tambacounda et Podor, les questions foncières, fiscales, économiques, institutionnelles et numériques ont été largement débattues.

Selon le ministre, cette démarche itinérante répondait à une exigence de cohérence et de justice territoriale : « On ne peut pas réformer la décentralisation depuis un bureau à Dakar. Il fallait aller au contact des réalités locales, comprendre les contraintes des communes et co-construire des solutions adaptées », a-t-il affirmé.

Quatre piliers pour refonder la gouvernance locale

La réforme de l’Acte IV repose sur quatre axes structurants : la correction des incohérences territoriales et la viabilité des communes, la promotion de la coopération territoriale et décentralisée, l’encadrement du statut de l’élu local et l’accès des collectivités à des financements innovants.

À ce sujet, Moussa Bala Fofana a insisté sur l’enjeu financier : « Il n’y aura pas de décentralisation effective sans souveraineté financière des collectivités. Nous devons donner aux territoires les moyens d’agir et d’investir durablement », a-t-il martelé.

Une nouvelle ère de responsabilité collective

La clôture des concertations marque l’entrée dans une nouvelle phase, celle de la mise en œuvre et de la responsabilité partagée entre l’État, les collectivités territoriales et les citoyens. « Une étape se termine, mais le plus important commence maintenant. L’Acte IV sera le socle d’un Sénégal décentralisé, équitable et souverain, où les territoires deviennent de véritables espaces de décision publique », a conclu le ministre.

Il a par ailleurs salué l’engagement des élus locaux, des chefs de villages, des organisations de la société civile ainsi que des partenaires techniques et financiers, dont les contributions ont été déterminantes dans la construction de cette réforme.

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