
Face à la complexité et à l’acuité des défis liés au changement climatique, à l’émigration irrégulière et à l’insécurité dans l’espace ouest-africain, les participants à la Semaine de l’Amitié et de la Fraternité dans l’Espace SAFRA.AO ont convenu qu’aucune liste de solutions ne saurait être exhaustive. Toutefois, plusieurs pistes stratégiques majeures ont été dégagées pour répondre durablement à ces phénomènes qui affectent profondément la jeunesse et les communautés transfrontalières.
Parmi les solutions mises en avant figurent notamment : l’assistance au retour volontaire et à la réintégration des migrants dans leurs pays d’origine, l’autonomisation de la jeunesse à travers l’éducation, la formation professionnelle, le leadership et le développement personnel, ainsi que la création d’opportunités économiques locales capables de freiner les départs clandestins.

La cérémonie officielle d’ouverture a été présidée par Monsieur Bakary Y. Badjie, Ministre de la Jeunesse et des Sports de la Gambie, en présence des Gouverneurs des régions de Tambacounda (Sénégal), de Kayes (Mali) et de Basse (Gambie), des Maires de Basse et de Kayes, du Directeur exécutif de Action Aïd, du Président en exercice de la SAFRA.AO, de la représentante de l’Association des Femmes de la SAFRA.AO, ainsi que du Président du Comité local de Basse. Ont également pris part à cette cérémonie le Président et les membres du Comité scientifique, ainsi que les présidents des comités locaux des villes membres de la SAFRA.AO.

L’ensemble des intervenants ont souligné la pertinence de la thématique de l’édition, en parfaite adéquation avec les défis persistants auxquels sont confrontés l’espace transfrontalier de la SAFRA.AO et, plus largement, la sous-région ouest-africaine, notamment en matière d’émigration irrégulière.

Les débats ont mis en lumière la centralité du changement climatique, dont les effets impactent directement les dynamiques migratoires ainsi que la paix et la sécurité. Les participants ont rappelé les tempêtes dévastatrices et les inondations récurrentes causées par le débordement des fleuves Sénégal, Gambie et de leurs affluents. Ces phénomènes climatiques extrêmes ont provoqué, ces dernières années, de graves catastrophes économiques, sociales et environnementales dans les terroirs transfrontaliers de l’espace SAFRA.AO.
Selon Alassane Guissé, Président du Comité scientifique : « Ces catastrophes sont la conséquence directe du changement climatique qui sévit dans le monde et affecte particulièrement notre sous-région ouest-africaine. L’Afrique, et l’espace transfrontalier de la SAFRA.AO en particulier, subissent les sanctions d’une violation des lois de la nature provoquée par la course effrénée des grandes puissances économiques et politiques vers un enrichissement excessif. Malheureusement, ces sanctions ne frappent pas uniquement les principaux responsables, mais l’ensemble de la planète. »

L’Inspecteur Alkaly Jammeh, de Basse, a centré son intervention sur la problématique de l’émigration irrégulière dans l’espace SAFRA.AO. Il a insisté sur la nécessité de renforcer l’assistance au retour volontaire, la réintégration socio-économique et surtout l’autonomisation des jeunes comme solutions durables à ce fléau qui décime la jeunesse de la sous-région.
Une autre présentation de Sélibabi, faite par M. Seydou Diop, s’est articulée autour de plusieurs axes stratégiques : la prévention, la sensibilisation, la lutte contre les réseaux criminels, la protection des migrants, ainsi que le retour et la réintégration.
De son côté, Mama Samba Kandé, représentant de Gabou, a complété le diagnostic en proposant : l’harmonisation des politiques migratoires, l’investissement massif dans l’emploi des jeunes, le renforcement de la coopération Sud-Sud, le développement de programmes de réintégration efficaces, une formation professionnelle adaptée aux réalités locales, et le développement des zones rurales et frontalières.

La communication de Ousmane Diallo, de Basse, a porté sur la situation sécuritaire dans l’espace SAFRA.AO, mettant en évidence les principales menaces communes : la criminalité transfrontalière, le terrorisme, l’extrémisme violent, et les conflits communautaires.
La présentation de Sélibabi, assurée par le Professeur Traoré, a abordé la question sous l’angle des conflits communautaires liés à la transhumance, des facteurs socio-économiques, du renforcement de la coopération transfrontalière, de l’approche sécurité-développement, ainsi que de l’implication des communautés locales.
Enfin, Mamadou Saliou Diallo, représentant de Gabu, a insisté sur l’importance d’une coopération régionale et sous-régionale renforcée, impliquant la CEDEAO, les États, les collectivités territoriales et les partenaires techniques, afin de bâtir une réponse commune face aux menaces transnationales.
Pape Demba Sidibé
