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Saraya : Kolia célèbre la culture et l’engagement des femmes pour le développement local.

Le village frontalier de Kolia, situé dans la commune de Bembou, à la frontière sénégalo-malienne, a vécu une journée exceptionnelle ce samedi 24 janvier, au rythme de la culture et de la solidarité féminine. L’événement, organisé par le Groupement de Promotion Féminine (GPF) Benkhady, a rassemblé plus de 150 femmes venues non seulement des localités environnantes, mais également du Mali, illustrant ainsi la dimension transfrontalière de cette initiative.

Placée sous le signe de la valorisation culturelle et de l’autonomisation des femmes, cette journée a servi de cadre d’échanges, de réflexion et de mobilisation autour des défis et ambitions des femmes de Kolia. Pour les organisatrices, la culture demeure un socle fondamental du développement local. « Une communauté sans culture n’est pas identifiable », ont-elles rappelé, soulignant l’importance de préserver les valeurs et traditions locales comme levier de cohésion sociale.

Au-delà de l’aspect festif, la rencontre a surtout permis aux femmes d’exprimer les difficultés quotidiennes auxquelles elles sont confrontées. La présidente du groupement, Mme Sadio Keïta, a dressé un tableau sans complaisance de la situation :
‎« L’accès à l’eau demeure une grande difficulté. Nous avons des ambitions dans le maraîchage, mais l’eau est insuffisante et celle du fleuve est inutilisable. Nous pilons encore à la main, les femmes n’ont pas de moulins. Nous faisons de l’agriculture, mais le manque de matériel agricole reste un sérieux problème », a-t-elle déploré, tout en remerciant les participants pour leur mobilisation et leurs prières.

Malgré ces obstacles, les femmes de Kolia font preuve d’un engagement remarquable. Selon Kama Dansokho, secrétaire du GPF Benkhady, plusieurs initiatives locales, notamment les épargnes villageoises, ont déjà produit des résultats encourageants. « Les femmes sont engagées à travailler, mais l’absence d’accompagnement et de moyens reste une préoccupation majeure. Pour le prochain hivernage, notre objectif est d’atteindre dix tonnes d’arachide », a-t-il indiqué, lançant un appel pressant à l’État et aux partenaires techniques pour un appui en matériel agricole. Il a également souligné que chaque année, le tracteur utilisé provient du Mali, ce qui occasionne d’importants retards dans les travaux agricoles.

La cérémonie a également enregistré la présence de l’Adjudant Ali Diassè, commandant du sous-secteur frontalier de Kolia, représentant le chef du secteur frontalier de Moussala. Dans son intervention, il a salué l’importance de cette manifestation culturelle, qualifiant Kolia de « poumon du secteur frontalier de Moussala », en raison de sa position géographique stratégique et de ses ressources. Il a expliqué que cette importance justifie le renforcement du poste de police dans la localité.

L’Adjudant Diassè a par ailleurs insisté sur le rôle de la culture dans le renforcement de la paix, de la stabilité et de l’unité entre le Sénégal et le Mali. Il a lancé un appel à la population pour une collaboration étroite avec les forces de sécurité, dans un contexte sécuritaire sensible propre aux zones frontalières :
‎« La police de Kolia est votre police. Nos portes sont grandement ouvertes. Nous vous demandons de dénoncer tout comportement ou toute personne suspecte », a-t-il déclaré, avant de souhaiter que la fête se déroule dans la convivialité.

À Kolia, cette journée culturelle aura ainsi démontré que les femmes, à travers leur organisation, leur résilience et leur attachement à la culture, demeurent des actrices incontournables du développement local et de la cohésion sociale, dans une zone frontalière où les enjeux économiques, culturels et sécuritaires sont étroitement liés.

‎Fily Cissokho

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