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Saraya : la déclaration tardive des naissances au cœur d’une émission de sensibilisation sur Giggi-Sembé

La radio communautaire Giggi-Sembé a consacré, ce jeudi 4 décembre, son émission hebdomadaire à un sujet crucial pour les familles de la région : la déclaration tardive des naissances et la procédure de régularisation.
‎Autour de la table, plusieurs acteurs engagés : Samba Camara, point focal institutionnel du CDPE et chef du service départemental de l’Action sociale, Mariama Kanouté, agent de la mairie de Saraya, et Sadio Diouara, présidente régionale du Réseau des femmes enseignantes.


Selon Samba Camara, la persistance des déclarations tardives s’explique par plusieurs facteurs : l’ignorance de l’importance de l’acte de naissance, l’éloignement des villages,
‎la difficulté de déplacement, et parfois un simple manque d’information.
‎Il rappelle que l’extrait de naissance est un droit fondamental et la porte d’entrée pour l’accès à tous les autres droits. « Sans état civil, un enfant ne peut bénéficier ni des programmes de l’État, ni d’un parcours scolaire régulier », insiste-t-il.


Pour Sadio Diouara, la négligence reste encore trop fréquente. « On nous amène des enfants sans extrait de naissance. Un enfant sans extrait est un enfant sans identité », déplore-t-elle.
‎Elle souligne aussi que certaines femmes estiment que seule la responsabilité des hommes est engagée dans la déclaration des enfants, une perception qui prive de nombreux élèves de la possibilité de composer aux examens scolaires.

‎De son côté, Mariama Kanouté s’étonne du contraste entre les moyens mobilisés pour organiser de grands baptêmes et le refus ou l’oubli de payer 300 francs pour établir l’acte de naissance.
‎« Les parents disposent d’un délai d’un an, pourtant les cas de non-déclaration restent nombreux. Cette situation doit interpeller tout le monde », affirme-t-elle.


‎Le rôle essentiel des acteurs locaux:

‎. – Chefs de village et de quartier :

Première source d’information auprès des populations ;

Délivrance d’attestations ou témoignages nécessaires aux dossiers ;

‎Signalement des naissances aux services d’état civil.

‎- Agents de santé:

‎Émission des certificats de naissance ;

‎Sensibilisation en consultations pré- et postnatales ;

‎Collaboration directe avec l’état civil pour les déclarations effectuées dans les postes de santé.

‎. – Officiers d’état civil:

‎Accueil et enregistrement des déclarations ;

‎Orientation des familles selon les délais légaux ;

‎Suivi des procédures de jugement supplétif pour les cas tardifs.

‎. Travailleurs sociaux et OSC:

‎Sensibilisation dans les zones éloignées ;

‎Accompagnement administratif des familles ;

‎Organisation de campagnes de régularisation.

‎. – Autorités judiciaires:

‎Traitement des requêtes de jugement supplétif ;

‎Vulgarisation des procédures simplifiées pour faciliter l’accès à l’état civil.

‎Les invités ont tenu à remercier le préfet et le président du tribunal d’instance de Saraya pour les efforts consentis, notamment la régularisation de plus de 500 enfants l’année dernière à l’approche des examens.

‎Tous s’accordent sur un point : l’état civil demeure un véritable casse-tête pour les familles comme pour les institutions.
‎La solution passe par une mobilisation générale pour éradiquer ce fléau qui compromet les droits et l’avenir de nombreux enfants.


‎Fily Cissokho

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