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Saraya : Un forum pour dire non aux mutilations génitales féminines et aux mariages d’enfants !

La salle de réunion de la mairie de Saraya a accueilli ce lundi un important forum de mobilisation et de plaidoyer pour l’abandon des mutilations génitales féminines (MGF) et des mariages d’enfants. L’événement, organisé par le Réseau des Jeunes pour la Promotion de l’Abandon des MGF/E, s’inscrit dans le cadre du projet « Initiative des jeunes pour la défense et le respect des droits des femmes/filles et l’élimination des mutilations génitales féminines et des mariages d’enfants – TAXAWOU JIGEEN YI », financé par l’Ambassade des Pays-Bas.

À l’occasion de la Journée de l’Enfant Africain, ce forum avait pour objectif général de sensibiliser les communautés aux conséquences néfastes des MGF et des mariages précoces, des pratiques encore fortement enracinées dans certaines zones du Sénégal, notamment dans la région de Kédougou.

Selon les données présentées lors de la rencontre, 12,9 % des filles âgées de 0 à 14 ans au Sénégal ont subi une excision, un chiffre qui grimpe à 71,3 % dans la région de Kédougou, faisant de cette zone l’une des plus touchées du pays.

Le forum a rassemblé une diversité d’acteurs : membres du RJPA/MGF/MF, jeunes filles et garçons issus des clubs scolaires, jeunes leaders communautaires, activistes, ainsi que le directeur du CDEPS. Tous unis par une même cause : protéger les droits des filles et mettre fin à des pratiques violentes et discriminatoires.

Pour Mariama Sidibé, point focal du réseau dans le département de Saraya, ce combat est urgent.  «Nous sommes réunis dans ce forum parce que les chiffres sont alarmants. À Kédougou, 71 % des filles sont excisées. C’est un fléau qui nous inquiète. C’est pourquoi le réseau des jeunes se mobilise pour sensibiliser les communautés et amener un changement de comportements», a-t-elle déclaré.

Le point focal régional, Fanta Bayo, a souligné la complexité de la situation dans un département frontalier. «La région de Kédougou partage ses frontières avec le Mali et la Guinée. Cela expose les filles à des risques accrus de mutilations génitales et de mariages précoces. Il est donc crucial d’impliquer les leaders locaux pour porter la voix des enfants et des jeunes filles menacées », a-t-elle plaidé.

Le chef du service départemental de la jeunesse, Babacar Mbodji, a salué cette dynamique portée par les jeunes, qu’il considère comme les principaux acteurs du changement social. Il a réaffirmé son engagement à soutenir toutes les initiatives allant dans le sens de la protection de l’enfance et de l’autonomisation des filles.

Ce forum marque ainsi un temps fort dans la lutte contre les violences basées sur le genre, dans une région où les traditions pèsent encore lourd, mais où la voix des jeunes s’élève désormais avec force pour briser le silence et impulser une transformation durable.

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