À Sédhiou, une dynamique nouvelle se met en place pour éradiquer les mutilations génitales féminines (MGF). Le Réseau des jeunes pour la promotion de l’abandon de l’excision et des mariages d’enfants a organisé un dialogue communautaire de plaidoyer réunissant chefs coutumiers, religieux, leaders d’opinion et acteurs communautaires. Une initiative saluée pour son approche inclusive, ancrée dans les réalités culturelles et spirituelles locales.
L’objectif de cette rencontre : favoriser un espace d’échanges ouverts sur les implications de l’excision à travers une lecture croisée des arguments religieux, sanitaires, coutumiers et sociaux. Loin des discours moralisateurs, les échanges ont permis de confronter les perceptions, de lever les malentendus persistants, et surtout, de rappeler les conséquences dramatiques de cette pratique sur la santé physique et psychologique des filles et des femmes.
« Il ne s’agit pas de heurter les sensibilités, mais de faire évoluer les mentalités en s’appuyant sur les leaders d’influence de nos communautés », explique Demba Samba Ba, point focal du Réseau des jeunes pour la promotion de l’abandon des MGF et des mariages d’enfants à Sédhiou. Selon lui, la voix des chefs religieux et coutumiers est essentielle pour impulser un changement durable.
Les leaders religieux présents ont tenu à réaffirmer qu’aucun fondement religieux ne justifie l’excision. Cette clarification, souvent attendue dans les communautés où la pratique est perçue comme un devoir religieux, a été particulièrement saluée. Par ailleurs, les professionnels de la santé ont rappelé les nombreux risques liés à l’excision : infections, hémorragies, complications à l’accouchement, traumatismes durables…
Ce plaidoyer communautaire s’inscrit dans une stratégie globale visant à créer un consensus social autour de l’abandon volontaire de l’excision. La démarche participative, portée par les jeunes du réseau, mise sur la sensibilisation, le dialogue intergénérationnel et l’engagement des autorités locales.
Alors que la région de Sédhiou reste l’une des zones à forte prévalence de la pratique, cette initiative fait souffler un vent d’espoir. Elle montre que le changement est possible lorsque les traditions sont interrogées avec respect, mais aussi avec courage et lucidité.
