
A cause des pesanteurs socioculturelles, les femmes des communes de Bambaly, de Djiredji, de Sansamba dans le département de Sedhiou et de Bona dans celui de Bounkiling vivent souvent des situations dramatiques. Ce déconfort social est causé par la déscolarisation, l’analphabétisme, les grossesses et mariages précoces et l’absence d’activités économiques. Conscients qu’une telle situation ne milite pas en faveur de épanouissement et du bien-être de la femme, le comité d’appui et de soutien aux activités de développement économique et social ( Casades), appuyé par la fondation Batonga cette dernière financée par la fondation MasterCard, a ciblé dans les quatre communes cibles 2750 adolescentes âgées entre 14 et 18 ans et jeunes femmes âgées entre 18 et 35 ans pour renforcer leur leadership.

L’objectif, selon directeur exécutif du Casades consiste à accompagner les jeunes filles à grandir , à connaître leurs droits et à réaliser leur rêve. Pour les femmes , il s’agit de les encadrer à développer leurs groupes de business pour que chaque femme puisse faire une carrière dans une activité de son choix. Abondant dans le même sens, Codou Diaw, la directrice exécutive de la fondation Batonga explique que ce projet d’autonomisation économique des jeunes filles et des femmes s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, contre l’ignorance des droits humains contre l’inaccessibilité des ressources pour les femmes. “Elles sont souvent oubliées par les autres projets , vivent des situations dramatiques au plan financier, au plan éducationnel parce n’ayant pas été à l’école ou mariées très tôt ou victime divers harcèlements” se désole Codou Diaw.

Pour enrayer cette image négative contre la femme rurale les deux fondations et le Casades entendent transformer ce potentiel humain en pouvoir pour inverser la tendance. C’est dans ce cadre que les différents groupements, suivant les activités génératrices de revenus, ont reçu , chacun un chèque de 655.170 francs pour booster le développement à la base. Aissatou Biaye, l’une des bénéficiaires, a salué l’initiative et a confié que “désormais, les choses ne seront plus ce qu’elles étaient auparavant. Cette grosse dépendance et cette grande misère sont maintenant derrière nous. Acheter des fournitures à nos enfants, les soigner, les habiller et les nourrir ne sera plus un casse-tête pour nous femmes bénéficiaires de ce programme d’autonomisation économique et social des femmes”

Le maire El Hadj Ibrahima Touré ainsi que le chef de village se sont réjouis du choix de leur localité indiquant que c’est une grande première qu’un projet ait comme cible dans leur village les filles et les femmes. En tout la forte mobilisation des populations montre à suffisance leur adhésion à ce programme venu transformer un quotidien jadis précaire en quotidien plus porteur d’espoir.
Sunugox/sedhiou
