Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans sa quête de souveraineté alimentaire avec la mise en œuvre d’une politique semencière ambitieuse portée par le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Dr Mabouba Diagne. Cette stratégie repose sur un principe fondamental : la maîtrise des semences constitue le socle de toute indépendance agricole durable.
Dans un contexte marqué par la volatilité des marchés internationaux et la dépendance aux importations, cette orientation vise à renforcer la production locale de semences certifiées, à améliorer les rendements agricoles et à garantir une meilleure résilience des exploitations. Le Ministre appelle ainsi les opérateurs privés à s’engager résolument dans des partenariats public-privé structurants, afin d’accélérer la transformation du secteur semencier national.

Cette vision stratégique s’illustre déjà sur le terrain. Dans le cadre du suivi des semences introduites en partenariat avec LSA France, en collaboration avec des acteurs locaux tels que SEDAB, NIAYES AGRO et PREST NIAYES, une visite de terrain a été organisée au profit des producteurs. Ces derniers ont pu constater directement les performances de variétés améliorées telles que Nadja, Lilia et Sayada, reconnues pour leur rendement élevé et leur capacité d’adaptation.
Au-delà des démonstrations pratiques, un séminaire technique tenu à Thiès a permis de renforcer les capacités des producteurs et des acteurs de la filière. Cette rencontre, qui a réuni plusieurs structures techniques et de recherche, notamment la DISEM, la DHORT, la DPV, l’ISRA et le CDH, a également servi de cadre d’échanges stratégiques sur les enjeux liés à la souveraineté semencière.

Les discussions ont mis en lumière l’urgence de structurer une filière semencière nationale forte, compétitive et autonome. Une dynamique qui dépasse désormais les frontières sénégalaises, comme en témoigne la participation de délégations venues de plusieurs pays africains, dont le Burkina Faso, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Maroc et le Niger. Ces pays ont exprimé un intérêt marqué pour l’expérience sénégalaise, notamment dans le domaine de l’autosuffisance en pomme de terre.
À travers cette approche intégrée, alliant innovation, renforcement des capacités et coopération régionale, le Sénégal confirme sa volonté de bâtir un modèle agricole résilient et souverain. La semence, en tant que premier maillon de la chaîne de production, s’impose ainsi comme un levier stratégique incontournable.
Plus qu’une simple réforme technique, la nouvelle politique semencière incarne une vision nationale fédératrice, mobilisant l’État, la recherche, le secteur privé et les producteurs autour d’un objectif commun : produire localement, nourrir durablement et consolider l’indépendance agricole du Sénégal.

