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Senegal/Economie : les recommandations du FMI !

En mission à Dakar, Edward Gemayel, chef de mission du Fonds monétaire international (FMI) pour le Sénégal, a livré des recommandations claires pour redresser les finances publiques du pays et ouvrir la voie à un nouveau programme d’aides. Dans un entretien accordé à l’AFP le lundi 24 mars 2025, il a détaillé les priorités qu’il juge essentielles pour surmonter les défis économiques actuels, tout en insistant sur l’urgence d’agir.

Prioriser les dépenses et viser un nouveau programme rapide

Face à une situation budgétaire tendue, Gemayel a mis en avant une gestion rigoureuse des ressources : « Ce que nous recommandons, c’est de prioriser les dépenses actuelles, en espérant pouvoir arriver à un nouveau programme avec le FMI le plus tôt possible qui pourra permettre de débloquer des financements », a-t-il déclaré à l’AFP. Cette approche vise à concentrer les efforts sur les besoins immédiats tout en préparant le terrain pour un soutien financier international rapide, crucial après la suspension du programme de 1,8 milliard d’euros en septembre 2024.

Il a également précisé le calendrier des discussions : « Une fois le rapport [de la Cour des comptes] examiné, on pourra recommencer les discussions en ce qui concerne les relations financières avec le FMI. Les autorités ont émis leur souhait d’annuler le programme actuel et de négocier un nouveau programme », a-t-il expliqué à l’AFP. Pour Gemayel, ce nouveau départ est une opportunité à saisir sans délai.

Assainir les finances et attirer les investissements

Le chef de mission a identifié deux grandes réformes incontournables. « L’assainissement des finances publiques, à cause de la dette qui atteint des taux assez élevés », est la première, a-t-il souligné à l’AFP, en référence à une dette réévaluée à 99,67 % du PIB. La seconde priorité repose sur l’ambition économique du gouvernement : « Les autorités doivent enclencher leur nouveau programme pour attirer des investissements, qui vont beaucoup aider », a-t-il affirmé à l’AFP, saluant le plan « Sénégal 2050 » comme un levier pour séduire les investisseurs.

Réduire les exonérations et repenser les investissements

Gemayel a insisté sur des mesures concrètes pour libérer des ressources. Sur les exonérations fiscales, il a été ferme : « De ce point de vue, il y a beaucoup d’économies qui peuvent être générées au niveau des exonérations qui sont estimées à plus de 7-8 % du PIB », a-t-il déclaré à l’AFP, pointant des avantages qu’il juge souvent « caduques » ou injustifiés. Cette réforme pourrait, selon lui, dégager des marges budgétaires significatives.

Il a également appelé à une révision des dépenses passées : « Il y a beaucoup d’investissements qui ont été faits dans le passé où il serait mieux de revoir un peu s’il y a une priorité ou non ; là, bien sûr, il y a des économies qui peuvent être faites », a-t-il préconisé à l’AFP. Cette rationalisation des projets publics est, pour lui, une étape clé vers une gestion plus efficace.

Soutien aux réformes et confiance dans le potentiel sénégalais

Gemayel s’est montré encourageant envers les efforts en cours : « Ces mesures vont dans le bon sens », a-t-il estimé à l’AFP, en référence aux récentes initiatives du gouvernement, comme les coupes dans la fonction publique, portées par des autorités « déterminées à prendre les réformes nécessaires et adéquates ». Il a aussi tenu à rassurer sur l’attractivité du pays : « Il y a un rôle très important pour le secteur public à jouer au Sénégal. Il y a beaucoup d’opportunités d’investissement », a-t-il affirmé à l’AFP, malgré les récentes dégradations de la note souveraine.

Enfin, il a clarifié l’objectif de sa mission : « Le but de cette visite ici, c’est d’analyser le rapport que la Cour des comptes a produit » et « essayer de bien comprendre ce qui s’est passé », a-t-il confié à l’AFP. Cette analyse doit poser les bases d’une collaboration renouvelée avec le FMI.

En somme, les préconisations de Gemayel – priorisation des dépenses, réduction des exonérations, révision des investissements et assainissement budgétaire – dessinent une feuille de route exigeante mais, selon lui, indispensable pour relancer l’économie sénégalaise.

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