
Les membres de l’Alliance pour la République (APR) ont fait face à la presse cet après-midi pour livrer leur appréciation sur les 100 jours mais également apporter des éléments de clarification relatives à quelques « contrevérités relevées » suite à l’entretien du président avec la presse nationale. »Ce furent 100 jours d’incompétence, de bavardages, de reniements, de tâtonnements et de confusions de rôle », voilà ce que Abdou Mbow et cie ont retenu du bilan d’étape de Diomaye.
S’agissant de la déclaration du chef de l’Etat affirmant n’avoir rien trouvé dans les fonds politiques alloués à son prédécesseur, les responsables de l’Apr la mettent dans le volet de contre vérité. Sur les Fonds Politiques, indique le document, il convient de rappeler avec force l’engagement majeur du président BDF maintes fois réitéré de les supprimer sans délai une fois arrivé au pouvoir. Malheureusement sur ce point, comme sur beaucoup d’autres, c’est le reniement qui prévaut. Faute de les supprimer, il a décidé de les rebaptiser en fonds secrets après avoir avoué commencer à les utiliser », rappellent Abdou Mbow et compagnie.
Toujours sur ce point, le président BDF affirme sans sourciller qu’il n’a rien trouvé en arrivant au pouvoir. « Cette réponse traduit son ignorance manifeste des règles et mieux un défaut palpable de coordination avec ses services dont il vante curieusement la compétence. Ce qui est convenu d’appeler « fonds politiques » de la présidence de la République sont des fonds votés à l’Assemblée nationale dans les rubriques et montants ci-après dans la LFI 2024 : les Fonds de solidarité africaine ; 2.156.296.000F ; Fonds spéciaux de la Présidence de la République ; 3,5 milliards fcfa ; Fonds d’intervention sociale de la Présidence de la République: 2,3 milliards fcfa, soit au total, 7.956.296.000F », lit-on dans le document brandi par les responsables de l’Apr lors de la conférence de presse.
Sur l’anéantissement annoncé de contrats régulièrement signés avec des partenaires et les initiatives de renégociation aux forceps des contrats, notamment dans le domaine de la santé, de l’eau et des industries extractives, poursuivent les aperistes, « le président Diomaye prend le risque d’exposer le pays à des poursuites judiciaires et des condamnations pour rupture brutale sans aucun fondement si ce n’est la volonté du prince, de conventions régulièrement signées. Le Sénégal jusque-là a été un pays ouvert, soumis aux règles et valeurs de l’Etat de droit avec une image de démocratie et de stabilité, qui lui ont permis d’être l’un des pays les plus attractifs pour les Investissements Directs Étrangers », ont-ils soutenu, estimant que ces agissements enfantins sont aux antipodes des principes de continuité de l’Etat, de promotion et de protection des investissements souscrits par l’Etat à travers plusieurs instruments juridiques internationaux.
Sur la question de la justice, « les confessions anti républicaines du Président Diomaye sur le CSM sont à déplorer et nous renforcent dans notre conviction profonde qu’il est entrain de préparer soigneusement la substitution de la Justice par une justice aux ordres », a déclaré Abdou Mbow, ajoutant notamment que sur la question du bon fonctionnement des institutions de la république, « il est inadmissible que celui-là même qui en est le garant constitutionnel cautionne le comportement irresponsable de son PM vis à vis de la deuxième institution du pays qu’est l’assemblée nationale. Contrairement aux affirmations du président Diomaye, c’est le bureau de l’assemblée nationale qui avait mandaté le PAN pour trouver une solution consensuelle dans le cadre du dialogue des institutions. Pour dire simplement que la rencontre entre le PR et le PAN a été à l’initiative de l’assemblée nationale ».
Sur le foncier, « les déclarations du Président Diomaye relèvent du pur fantasme. La spoliation foncière alléguée est fausse et inexistante », a fait savoir Abdou Mbow avec des preuves à l’appui.
