Le Premier ministre Ousmane Sonko est intervenu sur la situation des supporters sénégalais actuellement détenus au Maroc. Il a assuré que l’État du Sénégal a engagé toutes les démarches nécessaires pour défendre ses ressortissants. « Cette affaire dépasse le cadre du sport », a-t-il déclaré, rappelant que si le football suscite la passion, il ne doit pas engendrer de tensions durables entre deux nations qui se considèrent comme des pays frères.

Le chef du gouvernement a également exprimé des interrogations sur la manière dont le dossier a été traité, notamment en ce qui concerne l’équité du procès et l’opportunité d’un éventuel appel. À titre de comparaison, il a évoqué des incidents impliquant des supporters marocains lors des Jeux olympiques en France, marqués par un envahissement de terrain ayant interrompu un match pendant près de deux heures avant une reprise à huis clos, sans sanctions qu’il juge comparables à celles infligées aux Sénégalais. « L’amitié se paie par l’amitié », a-t-il insisté, appelant à un traitement équilibré.
Grâce royale ou transfèrement de peine
Selon Ousmane Sonko, si le Roi du Maroc décidait, au terme des discussions diplomatiques en cours, d’accorder une grâce, le Sénégal s’en féliciterait. À défaut, les autorités sénégalaises pourraient activer les mécanismes existants permettant aux compatriotes condamnés à l’étranger de purger leur peine sur le territoire national. Il a toutefois rappelé le principe de souveraineté des États, soulignant que Dakar ne peut imposer aucune décision à Rabat.
Appelant au calme et à la retenue, le Premier ministre a insisté sur la nécessité de privilégier la voie diplomatique, rappelant par ailleurs que des ressortissants marocains sont également détenus dans les prisons sénégalaises. Dans l’attente de l’issue des échanges, il a enfin assuré que l’État accompagnera les familles des détenus, notamment durant le mois de Ramadan, période de solidarité et de partage.

