Tambacounda : le comité interrégional sur la fixation des enseignants dans le Sénégal oriental a vécu
La rencontre du comité inter régional sur la fixation des enseignants dans les régions de Kédougou et Tambacounda a eu lieu à l’hôtel LE RELAIS, les jeudi 18 et vendredi 19 janvier 2018. Etaient présents, les collectivités territoriales, les autorités administrative et académique, les Représentants de l’Unicef, de l’ONG Aide et Action, du Ministère de l’Education Nationale, le chef du projet PAGE, les Syndicats d’Enseignants, la coordinatrice régionale de la C.O.SY.D.E.P, la Société Civile, les Unions Régionales de l’Association des Parents d’Elèves, etc. Des propositions concrètes ont été faites par l’ensemble des participants pour le maintien de ces enseignants craie en main dans ces dites régions. Cette rencontre du comité inter régional sur la fixation des enseignants dans les régions de Kédougou et Tambacounda, a été organisée par l’Inspection d’Académie de Tambacounda, une activité que le Programme d’Amélioration de la Gestion participative de l’Ecole(PAGE) a déroulée dans ces deux régions avec l’appui des partenaires que sont l’UNICEF et l’ONG Aide et Action. Au terme de ces deux jours de réflexion sur la fixation des Enseignants dans les régions de Kédougou et Tambacounda, les engagements des Maires, des Présidents de Conseil Départemental portent sur comment rendre leur collectivités locales attractives par rapport aux enseignants. De ce point de vue, il a été dit de faire de sorte que les enseignants qui arrivent puissent être motivés à rester, en mettant à leur disposition des logements, des terres à usage d’habitation ou agricole, des écoles avec des adductions d’eau, des connexions internet, entre autres. Toutefois il y a des invariants sur les quels, l’Etat doit forcément intervenir auprès des collectivités locales. Aujourd’hui, beaucoup de localités sont coupées du reste du pays. Sur le plan de la communication, l’enseignant est privé de toute information et il ne peut même pas avoir une formation virtuelle. La plupart des enseignants partent non pas parce qu’ils n’ont pas de meilleurs conditions de vie mais ils partent parce que là où ils sont il n’y a pas d’électricité, ni d’eau potable, ni aussi de connexion internet. Ainsi un enseignant qui pense qu’il ne peut pas avoir un logement à moindre coût mais il ne demande pas à être affecté à Dakar parce qu’il sait que le logement à Dakar est beaucoup plus cher. Donc en réalité, les enseignants partent parce qu’ils ne se sentent pas dans des positions pour pouvoir faire des promotions, dira l’Adjoint au maire de la commune de Tambacounda, Bounama Kanté. Pour Souleymane Fickou, Secrétaire Général du Syndicat Autonome des Enseignants du Moyen Secondaire(SAEMS), la fixation des enseignants dans ces deux régions déjà citées est une préoccupation des syndicalistes. Selon M. Fickou, le Sénégal est un pays de droit donc les gens doivent faire preuve de citoyenneté et prêts à servir partout dans ce pays. Il s’en réjouit de l’organisation de cette rencontre. Toutefois, il a rappelé que les Syndicats d’enseignants ne sont pas habilités à prendre des décisions. Ce sont les autorités administratives qui les prennent par rapport à la mobilité des enseignants, à l’affectation à leur premier poste. Par exemple, la première affectation découle directement de l’Administrateur. Maintenant la réglementation dit après que l’enseignant a fait pendant cinq ans dans une localité donnée, il peut demander à être affecté là où il veut. Et quand il gagne ce poste personne ne peut l’empêcher de partir parce qu’il est dans ses droits. Ainsi, la part de responsabilité des syndicats liée au départ massif des enseignants, c’est de les sensibiliser à rester dans leur lieu de service et de leur faire comprendre que partout où il y a un Sénégalais, ils ont l’obligation de le former. Et aussi on demande à l’Etat de développer un certains nombres d’infrastructures de base. Il s’agit des hôpitaux, des cases de santé pour que le cadre de vie soit amélioré dans certains contraints du pays. Cela pourra peut être fixé les enseignants. Les collectivités territoriales aussi doivent collaborer avec les enseignants en leur aidant à améliorer leur cadre de vie, en mettant à leur disposition des terrains, des logements. Mais également faire de sorte que l’environnement scolaire, l’accueil et la socialisation soient de qualité. Parce que certains enseignants ne comprennent pas la langue du milieu et si les populations ne collaborent pas avec eux, ils risquent de partir. Maintenant, c’est à la population locale de faire un effort pour insérer ces enseignants qui ne comprennent pas la langue locale, renseigne M. Fickou. Ce dernier de dire que l’Autorité Administrative aussi peut fixer les enseignants en leur offrant une prime d’éloignement pour les motiver à rester. Le Directeur des Ressources Humaines, au Ministère de L’Education Nationale, Ibou Ndiathie a profité de cette occasion pour remercier le Gouverneur de la Région de Tambacounda, Elhadji Bouya Amar de l’avoir invité à cet atelier, mais aussi il a félicité l’Inspecteur d’Académie de Tambacounda, Monsieur Alassane Niane qui a mis en œuvre les conclusions ou l’une des conclusions de l’atelier national que le Ministre de l’Education Nationale avait tenu au mois de novembre dernier sur une allocation plus équitable des Ressources Humaines. M. Ndiathie a rappelé que dans le cadre des politiques publiques notamment celle liées à l’éducation et à la formation, le Gouvernement a mis un programme que tout le monde connait très bien maintenant, il s’agit du Programme d’Amélioration de la Qualité, de l’Equité et de la Transparence(PAQUET). A cet effet le Ministère est en train de travailler davantage sur l’accès équitable, hors l’accès équitable est adossé à une allocation suffisante de ressources humaines. Le constat qui a été fait, c’est qu’à chaque année, après les assises de la commission nationale de mutation de personnel enseignant, des départs massifs sont enregistrés dans les régions de Kédougou et Tambacounda, il fallait chercher une solution. Pour ce qui concerne l’Etat, on a augmenté substantiellement le nombre d’enseignants à recruter. Pour illustrer cela, en 2015, on a été autorisé à recruter 1000 enseignants pour le préscolaire et l’élémentaire, 500 pour le moyen et le secondaire, en 2016, 1850 pour le préscolaire et l’élémentaire et 500 pour le moyen et le secondaire, et en 2017, 2 985 pour le préscolaire et l’élémentaire, et 1550, pour le moyen et le secondaire. Ainsi, des efforts sont à faire dans le cadre d’une meilleure utilisation de ces personnels. M. Ndiathie de dire qu’au terme de cet atelier des pistes de solutions sont dégagées au niveau local dans le sens d’améliorer un peu le maintien des enseignants dans les zones de Tambacounda et de Kédougou. En effet, il reste maintenant un travail d’approfondissement à faire en termes de réflexion et surtout de prise en compte de certaines préoccupations qui ont été déjà portées à la connaissance de la plénière. Il faut également rappeler que le travail du comité était de voir comment proposer des solutions durables mais surtout des solutions territoriales inclusives pour régler cette problématique. En effet, comme il a été constaté par tous les participants, chaque année des départs massifs et peu d’arrivées sont enregistrés dans les régions de Kédougou et Tambacounda. En termes de chiffre, lors du mouvement national 2017, l’Académie de Tambacounda a enregistré au total 214 départs pour 48 arrivées. En ce qui concerne celle de Kédougou, 129 départs ont été notés pour 10 arrivées seulement. Selon le Gouverneur de la région de Tambacounda, Elhadji Bouya Amar, la mission de l’Etat est de relever les défis de la qualité, de l’accès et de la transparence. A ce niveau, le rôle des acteurs territoriaux est de proposer à l’Etat central des solutions locales pour fixer le personnel enseignant. C’est un défi immense à relever, c’est pourquoi les collectivités locales doivent bien accueillir et motiver les enseignants qui sont affectés dans leurs communes, cela va les inciter à rester. Il faut rappeler aussi que l’enseignant est un agent de l’Etat qui est soumis aux lois et règlements du pays. Aujourd’hui il est guidé par le principe de la mobilité. A cet effet, il peut demander à être affecté dans n’importe quelle localité du Sénégal. C’est dire qu’on n’a pas l’intention de mettre en péril cette mobilité qui est un droit chez l’enseignant. Ainsi, l’Etat attend des réponses concrètes pour lui permettre de trouver une solution par rapport à ces départs massifs vers l’Ouest. Il y a aussi des départs intra régionaux qui s’opèrent des Départements dits excentrés vers les Capitales Régionales. Cette situation peut être toujours expliquée par les conditions de vie des enseignants qui ne sont pas les meilleures dans les localités où ils sont en service. Mais heureusement, de nos jours la batail du développement est en train d’être gagnée au niveau des zones rurales avec les réalisations du Programme d’Urgence pour le Développement Communautaire(PUDC), du Projet de Pistes Communautaire(PPC), l’électrification rurale. Tout cela va permettre de régler les questions liées au relèvement du niveau de vie dans les zones rurales qui sont en train de changer grâce à ces projets et à l’engagement du Chef de l’Etat, son Excellence Monsieur Macky Sall. C’est dire qu’il est important d’insister sur la notion d’équité territoriale parce que tout le monde est d’accord sur le principe d’égalité de tous les citoyens Sénégalais à travers toute l’étendue du territoire national. En effet, on doit éliminer les barrières psychologiques qui existent entre les zones dites rurales et celles dites urbaines. D’ailleurs c’est l’ambition du Président de la République qui veut vraiment relever le niveau de vie des populations qui résident dans les zones rurales à travers l’équité territoriale. Il revient ainsi aux acteurs territoriaux de développer un marketing territorial afin que les régions de Kédougou et Tambacounda soient beaucoup plus attractives par rapport aux autres régions du pays en offrants à tous les agents de l’Etat un meilleur cadre de vie. Pour le Gouverneur, la seconde phase va consister à mettre en pratique des recommandations et que dans un an quand le bilan se fera, qu’on puisse avoir des avancées significatives par rapport à cette problématique. Pour terminer, l’Inspecteur d’Académie de Tambacounda, Monsieur Alassane Niane a surtout insisté sur le fait qu’on doit bien réfléchir sur la problématique de la gestion du personnel parce que cette gestion du personnel ne relève pas seulement de l’Etat mais elle relève aussi des autorités déconcentrées et des collectivités territoriales. C’est dans ce sens que cet atelier a été convoqué pour voir comment fixer les enseignants dans ces deux régions. M. Niane de souligner que les travaux d’atelier ont proposé des pistes et solutions qui peuvent être appliquées localement. Et enfin l’IA a félicité l’ensemble des participants qui ont fait un excellent travail.
BC/IA/TAMBACOUNDA
