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Tambacounda : deux individus interpellés pour trafic de migrants et faux en écriture publique

L’Antenne régionale de Tambacounda de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a procédé, le jeudi 6 février 2026, à l’interpellation de deux individus pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux portant sur des documents administratifs sénégalais, ainsi que faux en écriture publique authentique.

Cette opération s’inscrit dans le prolongement d’une enquête ouverte à la suite de l’interpellation, en décembre 2025, d’un individu au poste frontalier de Kidira. Ce dernier avait été appréhendé lors d’un contrôle de routine en possession d’une carte nationale d’identité sénégalaise établie à son nom, alors qu’il est de nationalité étrangère. Déféré devant le Tribunal de Grande Instance de Tambacounda, il avait mis en cause un agent de la mairie de Dougué, dans le département de Goudiry, qu’il désignait comme l’auteur des démarches frauduleuses lui ayant permis d’obtenir les documents administratifs.

Dans le cadre des investigations, un transport sur les lieux a été effectué à la municipalité de Dougué aux fins de constatations. Cette opération a permis la saisie du registre d’état civil n°0009 de l’année 2017, contenant quarante-neuf (49) actes, ainsi que des extraits des minutes du greffe relatifs à des jugements d’autorisation d’inscription tardive de naissance du Tribunal d’Instance de Goudiry, en date du 22 décembre 2017.

Les éléments recueillis ont établi que l’individu initialement déféré, sans ascendance sénégalaise, détenait un extrait de jugement tardif de naissance (n°12462), transcrit sous le numéro 0415 le 26 février 2018. Les enquêteurs ont conclu à une obtention indue de documents administratifs, fondée sur de fausses déclarations.

Entendu par les enquêteurs, le premier suspect a déclaré avoir obtenu les pièces litigieuses par l’intermédiaire du secrétaire municipal actuellement en poste à la mairie de Dougué. Interpellé à son tour, ce dernier a affirmé n’avoir agi que comme intermédiaire entre le demandeur et un tiers, ancien agent municipal, niant toute implication directe. Toutefois, cette version a été formellement contestée par le premier mis en cause, qui soutient avoir remis ses informations personnelles directement au secrétaire municipal, lequel lui aurait remis l’extrait de naissance quelques semaines plus tard.

Par ailleurs, l’officier d’état civil en fonction à l’époque, bénéficiaire d’une délégation de signature du maire, a également été interpellé. Il a indiqué que le secrétaire municipal, contrairement à ses déclarations, occupait effectivement un poste à l’état civil durant la période concernée et avait accès aux registres, lui permettant de procéder à l’inscription frauduleuse.

À l’issue de ces auditions, les deux principaux mis en cause ont été placés en garde à vue. L’enquête se poursuit afin d’identifier d’éventuelles complicités et de situer toutes les responsabilités dans cette affaire de faux documents administratifs et de trafic de migrants.

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