Tambacounda : le CESHFP mise sur les métiers d’avenir pour lutter contre le chômage et l’émigration clandestine

À Tambacounda, le Centre d’Énergie solaire, d’Hygiène et de Formation professionnelle (CESHFP) a organisé un forum des métiers et de l’orientation autour des opportunités d’emploi et des filières porteuses. Une initiative visant à mieux orienter les jeunes vers des formations adaptées aux besoins du marché du travail, notamment dans le secteur des énergies renouvelables.

« S’orienter pour mieux s’insérer ». C’est autour de ce leitmotiv que s’est tenu à Tambacounda un important forum consacré aux métiers d’avenir, à l’orientation professionnelle et aux perspectives d’insertion socio-professionnelle des jeunes. Initiée par le Centre d’Énergie solaire, d’Hygiène et de Formation professionnelle de Tambacounda (CESHFPT), cette rencontre a réuni plusieurs acteurs du système éducatif et de la formation, dont l’Inspecteur d’Académie, le directeur du Centre académique d’orientation scolaire, ainsi que des représentants des forces de défense et de sécurité.
Destiné aux élèves, étudiants, formateurs, professionnels, parents, encadreurs pédagogiques et demandeurs d’emploi, le forum a constitué un cadre d’échanges et d’information sur les filières de formation disponibles, les métiers porteurs et les possibilités d’insertion professionnelle dans la région orientale.
Au cœur des discussions, la nécessité d’aider les jeunes à mieux construire leur parcours professionnel. Selon les intervenants, nombreux sont ceux qui choisissent leur orientation par défaut, faute d’informations suffisantes sur les débouchés et les opportunités économiques existantes.
Les échanges ont également permis de présenter les initiatives publiques en faveur de l’emploi des jeunes, d’identifier les secteurs à fort potentiel et de souligner l’importance des stages, des partenariats avec les entreprises et de l’accompagnement des apprenants vers le marché du travail.

Le solaire, un secteur porteur pour Tambacounda

Parmi les filières mises en avant figure l’énergie solaire photovoltaïque. Panéliste lors du forum, Badara Mbow a notamment insisté sur le potentiel de cette source d’énergie au Sénégal et sur les perspectives professionnelles qu’elle offre aux jeunes de Tambacounda.
« Au Sénégal, nous avons pratiquement plus de 3 000 heures d’ensoleillement par an », a-t-il souligné, évoquant également une irradiation solaire moyenne nationale estimée à 5,5 kWh par mètre carré et par jour.
Pour l’universitaire, ces conditions constituent un atout pour le développement des énergies renouvelables et la création d’emplois locaux. Il a notamment mis en avant le certificat d’aptitude professionnelle (CAP) en énergie solaire, qui peut ouvrir la voie à des métiers liés à l’installation, à la maintenance et à l’exploitation des équipements photovoltaïques.

Dans un contexte marqué par les difficultés d’accès à l’électricité dans certaines localités, le solaire apparaît également comme une solution complémentaire pour répondre aux besoins énergétiques des populations.
Badara Mbow a, par ailleurs, évoqué l’objectif de porter à 40 % la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique national à l’horizon 2030, soulignant l’intérêt de préparer dès maintenant une main-d’œuvre qualifiée dans ce domaine.
Au-delà de la production d’électricité, il a insisté sur les possibilités offertes par les systèmes de pompage solaire, particulièrement utiles dans les zones où l’approvisionnement en eau demeure difficile. « Ils peuvent devenir des techniciens en solaire photovoltaïque, ils peuvent devenir des gens qui vont travailler dans le domaine des pompes à soleil », a-t-il expliqué, plaidant pour une formation professionnelle davantage connectée aux besoins concrets des populations.

Le CESHFP, un outil de formation et d’insertion

Ouvert depuis 2003 sous l’impulsion de son promoteur et directeur, Abdou Karim Sané, le Centre d’Énergie solaire, d’Hygiène et de Formation professionnelle de Tambacounda entend contribuer à la qualification des jeunes et à la réduction du chômage dans la région.
Doté d’une centrale photovoltaïque, l’établissement propose des formations pratiques axées notamment sur le montage et l’installation des équipements solaires. Il offre également des enseignements en bureautique, en initiation à l’informatique, en hygiène et en environnement, ainsi que d’autres filières professionnelles adaptées aux besoins locaux.
À travers cette diversification, le centre ambitionne de permettre aux jeunes d’acquérir des compétences techniques directement valorisables sur le marché du travail, tout en favorisant le développement d’activités économiques dans la région.

Miser sur la formation pour freiner l’émigration clandestine

Le forum a également mis en évidence la nécessité d’une mobilisation collective autour de l’orientation et de l’insertion professionnelle. Parents, entreprises, formateurs, encadreurs pédagogiques et partenaires sont appelés à unir leurs efforts afin d’accompagner les jeunes dans leurs choix et de faciliter leur accès à l’emploi.
Pour Tambacounda, où les difficultés d’insertion professionnelle constituent un défi pour une partie de la jeunesse, la formation qualifiante représente un levier potentiel de développement économique et social.
En mettant l’accent sur les métiers d’avenir, notamment dans les énergies renouvelables, le CESHFP entend ainsi proposer des alternatives concrètes au chômage, à la précarité et à l’émigration clandestine.

Au-delà des échanges, cette rencontre aura surtout rappelé une exigence : mieux orienter les jeunes, c’est leur donner les moyens de transformer leurs compétences en opportunités d’emploi et de participer au développement de leur territoire.


Par Pape Demba Sidibé

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