Dans le cadre de la lutte contre l’émigration irrégulière, l’antenne de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) de Tambacounda a interpellé un professeur de français soupçonné d’être impliqué dans un réseau de trafic de migrants. Le mis en cause a été déféré au parquet de Tambacounda.

Selon des informations proches du dossier, B. Dabo, âgé de 41 ans et domicilié au quartier Plateau de Tambacounda, menait une double activité : enseignant dans les salles de classe, il aurait également servi de facilitateur à des candidats à l’émigration clandestine vers l’Espagne par voie maritime.
L’affaire a éclaté après la plainte de deux ressortissantes étrangères, une Ghanéenne et une Nigériane, qui affirment avoir été recrutées par une intermédiaire surnommée « I. ». Cette dernière leur aurait promis un voyage clandestin vers l’Espagne contre la somme de 800 000 F CFA chacune, soit un total de 1,6 million de francs CFA.
Le parcours des victimes aurait commencé par un transfert vers la Mauritanie, où elles auraient attendu pendant près de quatre mois sans qu’aucun départ ne soit organisé. Elles auraient ensuite été conduites à Dakar, puis mises en contact avec B. Dabo, présenté comme l’organisateur principal du voyage.
Les deux femmes auraient alors rejoint Tambacounda, avant d’être orientées vers Saint-Louis, où elles auraient attendu un départ prévu en février 2026. Après deux mois d’attente dans la vieille ville, elles auraient été abandonnées sans moyens.
De retour à Tambacounda, elles auraient retrouvé B. Dabo, qui les aurait hébergées dans l’attente d’un remboursement. Une surveillance policière a alors été mise en place autour de son domicile, avant son interpellation.
Lors de son audition, le professeur aurait reconnu avoir hébergé les deux femmes sur instruction d’un contact basé en Espagne, présenté comme un organisateur de voyages clandestins. Il aurait également admis avoir été impliqué auparavant dans deux opérations similaires.
Il conteste toutefois avoir encaissé directement les 1,6 million de francs CFA, affirmant avoir seulement reçu 785 000 F CFA pour des frais d’hébergement.
À l’issue de l’enquête, B. Dabo a été présenté au procureur de la République près le tribunal de grande instance de Tambacounda pour des faits présumés d’association de malfaiteurs et d’escroquerie au voyage.
Par imam chroniqueur
Babacar Diop
