
La tension est montée d’un cran sur les sites miniers du projet Afrigold, où les employés, excédés par plusieurs mois d’arriérés de salaire et des conditions de vie précaires, ont décidé de passer à l’action. Ce mercredi 4 juin, les travailleurs ont libéré l’ensemble des sites d’exploitation, les mettant à la merci des populations locales, en guise de protestation.

À l’origine de cette colère, une promesse non tenue de la direction d’Afrigold. Dans une correspondance datée du 23 mai 2025, la société s’était engagée à verser les salaires d’un mois et à indemniser les travailleurs licenciés pour motif économique à compter du 4 juin, à condition que les investissements attendus soient reçus dans les délais. Faute de financement à temps, Afrigold proposait un paiement partiel, étalé jusqu’au 18 juin.

Mais le 4 juin, au lieu des versements attendus, les travailleurs ont appris que seuls les agents de sécurité seraient payés dans l’immédiat. « Afrigold avait conclu avec ses travailleurs retenus malgré le chômage technique pour le paiement de nos salaires aujourd’hui 4 juin. Malheureusement, les responsables sont venus nous dire encore qu’ils ne peuvent payer que les vigiles. C’est ainsi que nous nous sommes mobilisés pour aller les déloger afin de libérer le site aux populations », déclare M. Tendeng, délégué du personnel. Les griefs des employés ne se limitent pas aux salaires impayés. Ils dénoncent également des conditions de vie difficiles : coupures d’électricité prolongées dans les logements, manque de restauration sur les sites, et une absence de perspective claire de reprise des activités.

Interrogé sur la situation, M. Boubacar Dangnokho, un responsable de l’entreprise, a confirmé que les paiements ne pouvaient pas être effectués comme prévu. « Il y a un personnel qui doit partir pour motif économique. La procédure est arrivée à terme, ils doivent être payés. Mais nous n’avons reçu que de quoi payer le personnel en activité : agents de sécurité, cuisiniers, chauffeurs. J’ai expliqué cela aux travailleurs, mais ils ont refusé que seuls certains soient payés pendant que d’autres attendent. Même les agents en activité à Kharakhéna ont refusé leur salaire par solidarité », explique-t-il.

Selon la direction, il ne s’agit pas d’un refus de paiement mais d’un problème de trésorerie, en attente d’un nouvel investissement. Toutefois, le geste de solidarité des travailleurs actifs vis-à-vis de leurs collègues licenciés souligne un malaise profond. Les employés appellent désormais les autorités compétentes à se pencher sur leur situation et à intervenir face à ce qu’ils considèrent comme une crise sociale et humanitaire naissante dans les sites miniers du projet Afrigold.
