La commune de THIONCK ESSYL, département de Bignona a organisé sa traditionnelle fête de l’excellence le samedi 26 janvier 2025. Cette année c’est le directeur de l’enseignement moyen secondaire général (DEMSG) du Ministère de l’éducation nationale, M. Papa Demba Kandji qui a été désigné parrain de l’édition.
Occasion pour le DEMSG de faire la promotion des disciplines scientifiques. En effet, dira t’il « nous sommes réunis aujourd’hui pour honorer les réalisations académiques exceptionnelles de nos élèves, mais également pour réfléchir à l’un des défis majeurs auxquels notre système éducatif est confronté : la désaffection croissante des élèves envers les disciplines scientifiques dans l’enseignement moyen secondaire général. Ce phénomène, observé tant à l’échelle locale que globale, suscite des inquiétudes légitimes quant à l’avenir de notre société.
En effet, les sciences occupent une place cruciale dans le progrès de notre monde. Elles sont au cœur des innovations qui transforment nos modes de vie, qu’il s’agisse de la santé, de l’environnement, de la technologie ou de l’économie. Elles constituent un pilier fondamental pour atteindre un développement durable, capable de répondre aux besoins des générations présentes sans compromettre ceux des générations futures. »
Pourtant, regrette M. Kandji « nous constatons un déclin significatif de l’intérêt pour ces disciplines, un désintérêt qui menace non seulement la diversité des carrières futures, mais également la capacité de notre nation à rivaliser dans un monde de plus en plus axé sur la technologie et la science » a-t-il dit.
Les causes du mal !
Selon le DEMSG l’une des principales causes de la désaffection pour les disciplines scientifiques réside dans les approches pédagogiques employées. En effet dira t’il « trop souvent, l’enseignement des sciences repose sur des méthodes traditionnelles, axées sur la transmission unidirectionnelle de connaissances et la mémorisation, plutôt que sur l’expérimentation et l’apprentissage actif. Ces approches peuvent s’avérer peu stimulantes pour les élèves, qui peinent à voir l’intérêt pratique des concepts abstraits qu’ils apprennent. » a constaté le DEMSG/MEN qui ajoute par ailleurs que les programmes scolaires sont souvent critiqués pour leur caractère excessivement théorique et leur manque de connexion avec la réalité quotidienne des élèves.
Sur le plan social et culturel, M. Kandji fera remarquer que « la perception des sciences joue un rôle crucial dans la désaffection observée. Les disciplines scientifiques sont souvent perçues comme difficiles d’accès, réservées à une élite intellectuelle. Cette image dissuade de nombreux élèves de s’y engager, par crainte de l’échec ou d’une charge de travail insurmontable. Cette perception est d’ailleurs confirmée par une étude menée au sein du ministère par le centre national de l’Orientation scolaire et professionnelle, » a dit le parrain.
Ce dernier estime en outre, que les stéréotypes de genre contribuent à éloigner certaines catégories de jeunes, notamment les filles, des filières scientifiques. « Ces stéréotypes, qui suggèrent que les sciences sont davantage destinées aux garçons, limitent les aspirations des jeunes filles et réduisent leur présence dans ces disciplines.
Par ailleurs, l’insuffisance de formation continue pour les enseignants limite leur capacité à adopter des approches pédagogiques innovantes et à intégrer les avancées technologiques dans leur enseignement. »
Des pistes de solutions !
Mais des solutions existent pour tendre vers la réconciliation des élèves avec les disciplines scientifiques. Selon lui, cela passe d’abord par une modernisation des méthodes d’enseignement. En effet, « l’intégration de méthodes interactives et ludiques peut transformer l’expérience d’apprentissage des sciences en une aventure captivante. » Pour ce faire, des approches pédagogiques telles que l’apprentissage par projets, les expériences pratiques en laboratoire et les simulations interactives doivent permettre aux élèves de s’immerger pleinement dans les concepts scientifiques.
L’occasion faisant le larron le DEMSG est revenu sur les actions du ministère de l’Education nationale a développé plusieurs initiatives allant dans le sens de rendre les enseignements moins théoriques. Parmi ces initiatives figure en bonne place l’équipement des collèges et lycées en chariots-laboratoires mobiles et en divers équipements scientifiques. Pour cette année scolaire des crédits supplémentaires ont été positionnés pour renforcer ces équipements et augmenter sensiblement le nombre d’établissements bénéficiaires, mais aussi l’utilisation des technologies numériques .
En outre, d’autres initiatives comme l’accès à des outils numériques tels que les simulations en ligne, les plateformes et les logiciels éducatifs enrichissent l’expérience d’apprentissage.
Dans ce sens, annonce le DEMSG/MEN, « très prochainement une formation des enseignants aux outils numériques d’expérimentation en sciences sera organisée et permettra aux acteurs en plus des chariots évoqués, de faire recours aux outils digitaux de pratique de l’expérimentation en sciences. L’utilisation de ces outils permettra de stimuler le goût des élèves pour les sciences et les mathématiques. » a-t-il informé l’ancien professeur au lycée Djignabo de Ziguinchor.
Les enjeux !
La valorisation des sciences dans la société et la sensibilisation des jeunes à leur importance sont des leviers cruciaux pour raviver l’intérêt des élèves. C’est du moins l’avis du directeur de l’enseignement moyen secondaire général du MEN. A titre d’exemple il y’a dira M. Kandji, l’organisation d’événements scientifiques, de concours et d’expositions qui peut éveiller la curiosité des élèves et leur permettre de découvrir les aspects fascinants des sciences. « Ces événements offrent une plateforme où les élèves peuvent explorer, expérimenter et exprimer leur créativité scientifique, tout en recevant une reconnaissance pour leurs efforts. C’est dans ce sens que vont les nouvelles directives des plus hautes autorités qui ont récemment instruit de réfléchir au repositionnement des mathématiques, des sciences et de la technologie dans le quotidien de tous nos élèves. Et très prochainement d’autres initiatives verront le jour et offriront aux apprenants de multiples opportunités de fréquenter et d’exceller dans les filières scientifiques. » a déclaré le DEMSG.
Une vision et un levier pour booster les sciences !
Le DEMSG/MEN a profité de l’occasion pour revenir sur les ambitions de Monsieur le Ministre de l’Education nationale Moustapha mamba GUIRASSY, déclinée dans la nouvelle vision qui s’attachera à « Faire évoluer notre système éducatif vers une société éducative inclusive et efficiente, pour enfin, former à l’horizon 2035, un citoyen bien adossé à son socle endogène de valeurs africaines et spirituelles tout en étant préparé aux défis du développement durable, des sciences et technologies, du numérique et de l’intelligence artificielle ». Et parmi les onze leviers qui faciliteront la matérialisation de cette vision, le septième se chargera de « Promouvoir l’enseignement des mathématiques, des sciences, des technologies, du numérique, de l’entrepreneuriat et du développement durable ».
« Cette promotion passera par plusieurs stratégies, notamment la stratégie nationale de promotion de la réussite dans les apprentissages des mathématiques, des sciences et de la technologie, qui est en cours de finalisation et la stratégie de développement du numérique éducatif dont la mise en œuvre a débuté avec, entre autres, l’équipement collèges et lycées en tablettes et mallettes numériques de même la formation des enseignants à la maîtrise de compétences numériques. » a dit M. Kandji.
Le temps de l’action !
Après avoir fait le constat, dégager des pistes de solutions, « il est maintenant temps d’agir. Il est grand temps d’agir car le contexte est plus que favorable puisque le chemin est désormais clairement tracé avec la « Vision 2050, pour un Sénégal souverain, juste, prospère et solidaire. » » a déclaré le DEMSG.
Pour ce faire le DEMSG encourage vivement les élèves à explorer les sciences avec curiosité et persévérance. « Que chaque question posée, chaque expérience menée soit une porte ouverte sur un monde de découvertes infinies. N’ayez pas peur des mathématiques et des sciences, car c’est à travers elles que l’on apprend à dompter le réel pour progresser vers les ambitions fixées. »
A ce titre, et conformément à la Nouvelle Initiative pour la Transformation Humaniste de l’Education (NITHE), le DEMSG invite les enseignants, parents, les gouvernements scolaires et autorités, à collaborer étroitement « pour créer un environnement éducatif où les sciences sont valorisées et où chaque élève se sent soutenu dans son parcours d’apprentissage. Ensemble, nous pouvons construire un écosystème éducatif dynamique, inclusif et tourné vers l’avenir, où les disciplines scientifiques peuvent prospérer. » a lancé le DEMSG.
