À Touba, une affaire mêlant tensions familiales, polygamie et violences intrafamiliales défraie la chronique. Cinq enfants adultes ont été condamnés par le Tribunal des flagrants délits de Diourbel après une expédition punitive menée contre leur père et sa troisième épouse.

Selon les éléments rapportés devant la justice, tout serait parti du retour de France de leur père, identifié sous les initiales D. Gaye, accompagné de sa nouvelle épouse. Une union que les enfants auraient refusé d’accepter. Dans la nuit des faits, ils se seraient rendus au domicile de la nouvelle femme, situé au quartier Darou Marnane, où la situation aurait rapidement dégénéré.
D’après l’enquête, les cinq frères et sœurs auraient forcé le portail avant de pénétrer dans l’appartement. Sur place, des violences physiques auraient été exercées contre la belle-mère, deux de ses invités ainsi que contre leur propre père, décrit comme malade et affaibli. Ce dernier aurait ensuite été contraint de quitter les lieux sous la contrainte pour être reconduit au domicile familial.
Les mis en cause sont également accusés d’avoir emporté plusieurs objets de valeur, notamment des téléphones portables, du matériel électroménager ainsi qu’une importante somme d’argent. Traumatisée par cette scène, la nouvelle épouse s’est rendue chez un médecin qui lui a délivré un certificat médical attestant d’une incapacité temporaire de travail de sept jours avant de déposer plainte.
Au cours des auditions, l’un des enfants interpellés a reconnu une partie des faits, tout en rejetant les accusations de vol. Une sœur de la fratrie a, quant à elle, affirmé ne pas avoir participé directement à l’expédition punitive.
Face au tribunal, les prévenus étaient poursuivis pour violation de domicile, destruction de biens, coups et blessures volontaires, vol avec violence et association de malfaiteurs. À l’issue de l’audience, ils ont été reconnus coupables et condamnés à des peines allant de deux mois de prison ferme à des peines assorties de sursis.
Le tribunal a également ordonné le versement solidaire d’un million de FCFA à la belle-mère à titre de dommages et intérêts. De son côté, le père réclame toujours la restitution de ses documents administratifs afin de pouvoir retourner en France pour des raisons médicales.
Par imam chroniqueur
Babacar Diop
