
Une vaste opération de la Division Spéciale de Lutte contre la Cybercriminalité (DSC) a permis de démanteler un réseau de vente illégale de médicaments sur Internet, aboutissant à l’arrestation de deux ressortissants étrangers à Ouakam. Ce réseau, actif depuis plusieurs semaines, proposait à la vente un produit pharmaceutique dénommé « EnnecoPro », non autorisé au Sénégal. Les produits étaient massivement promus via les réseaux sociaux et des applications de messagerie, souvent associés à des contenus à caractère adulte. Les intéressés étaient invités à passer commande par téléphone, avec des livraisons organisées en toute illégalité, en dehors du circuit pharmaceutique réglementé.

L’affaire a débuté par la détection de contenus illicites sur les plateformes numériques, dans le cadre de la surveillance active menée par la DSC. Une enquête a été diligentée, permettant de localiser les deux suspects à Ouakam, où ils ont été interpellés avant d’être conduits au siège de la division. Lors de leurs auditions, les deux mis en cause ont reconnu les faits. L’un d’eux a admis s’être spécialisé dans la vente de compléments alimentaires et produits pharmaceutiques, et a identifié sa complice comme la fournisseuse principale du réseau.

La perquisition menée à leurs domiciles et lieux d’activité a permis de mettre la main sur un stock conséquent de produits non autorisés, ainsi qu’un équipement logistique sophistiqué :
- 10 ordinateurs (DELL et IIYAMA)
- 10 téléphones portables (Samsung et Tecno)
- 1 dispositif de vidéosurveillance
- 1 SIM Box
- Du mobilier et divers outils de distribution
- Et surtout : une somme de 15,5 millions FCFA, que l’un des suspects aurait tenté d’utiliser pour corrompre les agents.

Les échantillons saisis ont été analysés par l’Agence Sénégalaise de Réglementation Pharmaceutique (ARP), qui a confirmé que le produit EnnecoPro ne dispose d’aucune autorisation de mise sur le marché au Sénégal. Pire, il présente des risques graves pour la santé, selon les conclusions des experts. Cette affaire met en lumière la prolifération de circuits parallèles de vente de produits médicaux sur Internet, échappant à tout contrôle sanitaire. Elle souligne également l’ingéniosité et la dangerosité croissante des cyberdélinquants, qui exploitent les failles numériques pour contourner les dispositifs de régulation.
Les autorités appellent la population à la plus grande prudence et rappellent que seuls les établissements pharmaceutiques agréés sont habilités à vendre des médicaments au Sénégal.


