En tournée dans la région de Saint-Louis pour évaluer l’état d’avancement de la campagne agricole, le ministre de l’Agriculture, Cheikh Oumar Ba, a mis en lumière les difficultés économiques des acteurs de la vallée du fleuve Sénégal. Il a notamment fait état d’un endettement de 9 milliards de francs CFA, tout en soulignant le poids de l’électricité dans les coûts de production et les défis liés à la commercialisation.

La filière agricole de la vallée du fleuve Sénégal fait face à plusieurs contraintes structurelles et financières. Lors de la première étape de sa tournée dans la région de Saint-Louis, Cheikh Oumar Ba a évoqué un endettement estimé à 9 milliards de francs CFA pour les acteurs de la filière.
Selon les informations rapportées par Ndarinfo, le ministre a également attiré l’attention sur le coût élevé de l’électricité, qui représenterait jusqu’à 40 % des coûts de production dans la vallée. Face à cette situation, il a présenté la solarisation comme une piste pour réduire les charges supportées par les producteurs.
La commercialisation au cœur des préoccupations

Au-delà des coûts de production, l’écoulement des récoltes demeure une préoccupation majeure. Sur les objectifs de commercialisation fixés, seules 11 000 à 12 000 tonnes auraient été enlevées à ce stade. Pour améliorer la situation, Cheikh Oumar Ba a indiqué vouloir poursuivre les concertations avec ses collègues chargés du Commerce et des Finances, ainsi qu’avec les acteurs concernés.
Le ministre a par ailleurs souligné la nécessité de rénover les infrastructures agricoles et d’améliorer les systèmes de drainage afin de renforcer les capacités de production de la vallée.
La mécanisation et l’énergie solaire comme leviers

Pour réduire les contraintes pesant sur les exploitations agricoles, Cheikh Oumar Ba a également insisté sur la mécanisation et salué les initiatives portées par le secteur privé, notamment celles de la SFA.
Il a, en outre, mis en avant l’expérience acquise grâce à la coopération avec des partenaires coréens dans le domaine de la mécanisation. Il a toutefois précisé que ces initiatives devaient s’inscrire dans une logique de complémentarité avec les investissements privés sénégalais, sans leur faire concurrence.
Une nouvelle rencontre avec les acteurs de la vallée était annoncée pour le lendemain, afin de poursuivre les échanges sur les difficultés rencontrées par les producteurs et les solutions envisageables.
La souveraineté agricole en ligne de mire

Ces préoccupations s’inscrivent dans le cadre plus large de la souveraineté alimentaire du Sénégal. L’accès aux semences constitue notamment un enjeu majeur pour la campagne agricole 2026-2027. Lors d’une étape de sa tournée à Linguère, le ministre avait souligné l’importance de l’autonomie semencière et annoncé la mise en place de coopératives destinées à renforcer les capacités des producteurs. Le site de Diéry Birane, principalement consacré à la culture du niébé, s’étend sur près de 300 hectares.

Entre endettement, difficultés de commercialisation, coût de l’énergie et besoins de modernisation, les défis de la vallée du fleuve Sénégal restent donc nombreux. Les concertations annoncées devront permettre d’identifier des réponses adaptées aux préoccupations des producteurs et de consolider les bases d’une agriculture plus compétitive et durable.

