Yakaar-Teranga : Thierno Alassane Sall soupçonne le Gouvernement d’Ousmane SONKO d’avoir fait perdre 33 milliards FCFA à l’État

Le dossier Yakaar-Teranga s’invite dans la bataille politique. Lors de la Déclaration de politique générale du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô, la question du retrait de Kosmos Energy du projet gazier a suscité une vive réaction de l’ancien ministre du Pétrole et député Thierno Alassane Sall.

Selon ce dernier, les explications fournies par le chef du gouvernement laissent entendre que l’État du Sénégal aurait perdu une importante manne financière à la suite du retrait précipité du permis de Yakaar-Teranga. Thierno Alassane Sall évoque un montant de 55 millions de dollars, soit près de 33 milliards de FCFA, correspondant, selon son interprétation des propos du Premier ministre, à des amendes et pénalités que l’État aurait pu réclamer à Kosmos Energy si le permis avait été maintenu pendant quelques mois supplémentaires.

Le député va plus loin. Il estime que les déclarations du Premier ministre visent directement les responsables de l’ancienne équipe gouvernementale, notamment l’ancien ministre du Pétrole et l’ancien Premier ministre. « Par incompétence ou délibérément ? Et dans ce cas, contre quelles contreparties ? », s’interroge Thierno Alassane Sall, jetant ainsi un sérieux doute sur les conditions dans lesquelles le Sénégal a récupéré les droits sur le champ gazier.

Le dossier est d’autant plus sensible que Yakaar-Teranga constitue l’un des grands projets gaziers du Sénégal. Kosmos Energy avait indiqué en décembre 2025 travailler avec Petrosen à la recherche d’un partenaire et précisé que, faute de nouvel accord, la licence devait revenir à l’État à son expiration en juillet 2026. (Kosmos Energy)

En avril 2026, le gouvernement sénégalais avait finalement annoncé un accord de retrait entre Kosmos Energy et Petrosen, permettant à la compagnie nationale de reprendre le contrôle du bloc. Cet accord avait été présenté comme conclu sans compensation financière pour l’État. (Financial Afrik) C’est précisément sur ce point que l’intervention de Thierno Alassane Sall ouvre une nouvelle polémique : le Sénégal aurait-il pu attendre l’échéance ou laisser courir certaines obligations contractuelles afin de réclamer des pénalités à Kosmos ?

À ce stade, les accusations de l’ancien ministre constituent une lecture politique des propos du Premier ministre et ne permettent pas, à elles seules, d’établir l’existence d’une faute ou de contreparties occultes. La question centrale reste donc celle des clauses du contrat, des obligations de développement de Kosmos et des conditions exactes ayant conduit à l’accord de retrait.

Une chose est certaine : le dossier Yakaar-Teranga pourrait désormais devenir un nouveau front de confrontation entre l’actuelle majorité et les responsables de l’ancien régime.

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