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Ziguinchor/Aide aux victimes des manifestations : les ex-détenus dénoncent les lenteurs dans la distribution des fonds et tirent sur Guy M. Sagna!

Annoncée en janvier dernier par le ministère de la Famille et des Solidarités, l’aide financière destinée aux victimes des manifestations politiques survenues entre 2021 et 2024 tarde à se concrétiser pour bon nombre de bénéficiaires, notamment à Ziguinchor.

Ces manifestations, qui visaient entre autres à protester contre le report de l’élection présidentielle sous le régime de l’ancien président Macky Sall, avaient conduit à l’arrestation de près de 2 000 personnes à travers le pays. Aujourd’hui, alors que les nouvelles autorités ont promis de tourner la page en apportant une assistance aux victimes, l’exécution de cette mesure est vivement critiquée par les ex-détenus et familles de victimes du sud du pays.

À Ziguinchor, sur les 126 ex-détenus officiellement recensés, seuls 32 ont pour le moment reçu une aide financière. Un chiffre jugé insuffisant et discriminatoire par les membres du collectif local. « Notre souhait, c’est d’abord que justice soit rendue aux victimes. Ensuite, nous exigeons plus de transparence dans le processus de distribution des aides », a déclaré Abdoulaye Cissé, porte-parole du jour des ex-détenus de Ziguinchor, lors d’un sit-in organisé par le collectif. Il poursuit : « Le président de la République et son Premier ministre Ousmane Sonko avaient pourtant promis des aides importantes – jusqu’à 500 milliards annoncés. Pourtant, nous constatons des lenteurs et une gestion opaque du dossier. »

Selon lui, l’écart entre ceux qui ont perçu l’aide et ceux qui attendent encore crée un malaise profond. « Cela fait maintenant quatre mois que les premiers bénéficiaires ont été servis. Nous voulons comprendre ce qui bloque. » Le collectif interpelle directement la ministre de la Famille, l’invitant à faire une communication officielle pour éclairer l’opinion. Abdoulaye Cissé a également mis en cause le député Guy Marius Sagna, élu à Ziguinchor, qu’il accuse de silence face à la détresse des siens : « Guy, tu représentes tout le Sénégal, mais c’est Ziguinchor qui t’a élu. Nous ne sommes pas contents. Prends tes responsabilités et clarifie la situation. »

À l’approche de la fête de la Tabaski, l’urgence se fait encore plus pressante pour les familles. « Les gens sont à bout. Nous voulons juste récupérer cet argent pour pouvoir aider nos proches », ajoute-t-il.

La grogne dépasse désormais les frontières de la région sud. À Dakar aussi, d’autres ex-détenus et familles de victimes menacent de se rendre directement au ministère de la Famille pour réclamer leur dû. Alors que le gouvernement espérait refermer un chapitre douloureux de l’histoire récente du pays, cette affaire pourrait bien raviver les tensions. Au lieu de panser les blessures, le plan d’assistance semble pour l’instant nourrir davantage de frustration et d’incompréhension.

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