Ziguinchor, capitale méridionale du Sénégal, a accueilli ce week-end une visite stratégique de la ministre des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires, Fatou Diouf. Dans le cadre d’une tournée nationale qui l’a déjà menée à Dakar, Thiès, Saint-Louis et Fatick, la ministre a poursuivi sa descente sur le terrain afin de s’imprégner de l’état du secteur de la pêche, visiter les sites de débarquement et échanger directement avec les acteurs locaux.
C’est dans cette dynamique qu’elle s’est rendue sur les principaux lieux de production, de transformation et de commercialisation des produits halieutiques de la ville de Ziguinchor. L’objectif : évaluer les besoins, constater les difficultés, saluer les efforts d’investissement locaux, et surtout marquer le soutien concret de l’État à un secteur vital pour l’économie locale.
Un soutien matériel d’urgence pour les femmes de Boudody
Premier arrêt : le site de transformation de Boudody, tristement célèbre depuis l’incendie qui a ravagé une grande partie du matériel des femmes transformatrices de poisson. Sur place, la ministre a exprimé toute sa solidarité aux victimes. « Je suis venue d’abord leur témoigner un soutien moral, mais également leur apporter un appui matériel conséquent », a-t-elle déclaré. Ce soutien est constitué d’un lot d’équipements d’une valeur de 25 millions de francs CFA, comprenant entre autres des bagues, du matériel de pesage, des coffres, des glacières et des gants.

Mais au-delà de ce don d’urgence, la ministre a pris le temps d’écouter les doléances. Les femmes ont mis en avant l’insécurité du site, en l’absence de clôture et de dispositif de protection. « J’ai donné des instructions fermes au directeur des industries de transformation et de la pêche pour qu’il revienne ici en visite spéciale. Nous allons travailler ensemble à sécuriser ce site », a-t-elle assuré, soulignant que la résilience de ces femmes mérite un accompagnement durable et structuré.

L’usine Fa Kéba : un modèle à soutenir
La ministre s’est ensuite rendue à l’usine Fa Kéba, dirigée par une entrepreneure locale qui emploie un nombre important de femmes dans la transformation du poisson. « C’est un exemple inspirant de leadership féminin et d’autonomisation économique », a salué Fatou Diouf, notant cependant que l’usine faisait face à des problèmes d’approvisionnement en matières premières. « Ce problème est désormais réglé », a-t-elle affirmé. En effet, jusqu’à récemment, les navires de pêche n’étaient pas autorisés à débarquer leurs produits au port de Ziguinchor, une décision prise sous l’ancien régime qui identifiait uniquement le port de Dakar comme point sécurisé. « Cette mesure est désormais caduque grâce à la nouvelle dynamique impulsée par les plus hautes autorités », a annoncé la ministre, officialisant ainsi la signature d’un nouvel arrêté permettant le débarquement des produits halieutiques au port de Ziguinchor.

Une vision stratégique pour relancer la pêche
Ce changement réglementaire marque une étape décisive dans la relance de l’activité halieutique dans la région. « Nous pouvons parler de la relance de la pêche à Ziguinchor, comme partout ailleurs au Sénégal. C’est une volonté affirmée du gouvernement », a martelé la ministre. Elle a rappelé que le Président de la République et le Premier ministre ont placé la pêche au cœur de leurs priorités. En témoigne le tout premier conseil des ministres thématique consacré exclusivement au secteur halieutique. « Le chef de l’État nous a dit que c’est un secteur important qu’il faut soutenir, encourager, et dans lequel il faut produire des résultats concrets. C’est ce que nous faisons aujourd’hui », a-t-elle souligné, ajoutant que le département ministériel travaille sans relâche pour accompagner les acteurs, structurer les filières et moderniser les infrastructures.
Des projets structurants pour la Casamance
Parmi les projets annoncés figure le futur Centre de Recherche et de Modernisation des Ressources Marines (CEMREM), destiné à renforcer les capacités locales en matière de recherche, de formation et de valorisation des produits de la mer. La ministre a annoncé son retour prochain dans la région pour la pose de la première pierre du nouveau quai de pêche de Cap Skirring, une infrastructure très attendue par les professionnels du secteur.
L’Agence nationale de l’aquaculture (ANA) est également à pied d’œuvre pour la mise en œuvre d’activités structurantes visant à développer l’aquaculture en Casamance. « Nous sommes parfaitement conscients de l’importance de la région dans la dynamique nationale de relance du secteur halieutique. La Casamance regorge de potentialités qu’il faut absolument exploiter de manière durable et inclusive », a insisté la ministre.

Une approche inclusive et décentralisée
Cette tournée ministérielle illustre une volonté de proximité, d’écoute et d’action. Elle met en lumière une gouvernance qui s’appuie sur les réalités locales pour construire des solutions adaptées. L’attention portée aux femmes, souvent au cœur de la chaîne de valeur dans la pêche artisanale, montre également un engagement fort en faveur de l’autonomisation économique féminine.Fatou Diouf l’a d’ailleurs souligné à plusieurs reprises : « J’ai vu dans les usines une présence massive de femmes. Elles sont un maillon essentiel du secteur. En les soutenant, c’est toute la communauté que nous aidons. »
Une dynamique à poursuivre
La visite de la ministre à Ziguinchor aura ainsi été marquée par des annonces fortes, des décisions concrètes, et une écoute attentive des réalités de terrain. Elle symbolise une politique tournée vers les territoires, où chaque région du Sénégal peut devenir un pôle de développement, à condition de recevoir les investissements et l’accompagnement adéquats.
En somme, cette étape de la tournée nationale illustre parfaitement l’ambition du gouvernement de refonder en profondeur le secteur halieutique sénégalais. La Casamance, par sa richesse naturelle, sa main-d’œuvre engagée et ses leaders inspirants, est appelée à jouer un rôle de premier plan dans cette relance.

