
Réunis en assemblée générale dans le sud du pays, les acteurs de la filière anacarde ont annoncé une éventuelle suspension de la campagne 2025. En cause : une hausse jugée excessive des frais de dédouanement, appliquée sans concertation.
« Nous avons tenu cette assemblée générale ce matin pour discuter de la situation critique que traverse actuellement la filière anacarde », a déclaré Demba Diémé, président du Cadre régional de la filière. « Notre secteur est confronté à de graves difficultés liées au dédouanement. Les frais sont passés de 5 FCFA à 42 FCFA le kilogramme. Depuis, nous avons entamé des discussions avec la Douane et les autorités. Une rencontre avec le gouverneur de région est prévue aujourd’hui. »
Selon lui, malgré les efforts de dialogue, plusieurs camions ont déjà été immobilisés, et les produits restent stockés dans les magasins. « Ce qui est regrettable, car nous savons que l’anacarde ne peut pas être conservé longtemps sans risquer de perdre en qualité », a-t-il déploré.

Les acteurs dénoncent une décision unilatérale, prise sans concertation, en pleine période de commercialisation. « C’est pourquoi nous avons décidé aujourd’hui, à l’issue de l’assemblée générale, de suspendre la campagne jusqu’à nouvel ordre. Nous voulons poursuivre les discussions, mais nous refusons catégoriquement de payer ces 42 FCFA. Nous ne pouvons pas, et nous ne comptons pas le faire. »
Demba Diémé poursuit : « Que les autorités prennent leurs responsabilités. Si aucun consensus n’est trouvé, nous suspendrons la campagne de façon définitive. La Douane ne peut pas, du jour au lendemain, exiger 42 000 FCFA par tonne au lieu des 5 000 FCFA convenus, sans dialogue préalable. »

Face à cette crise qui menace sérieusement la filière, les acteurs interpellent directement les plus hautes autorités. « Nous lançons un appel au président de la République ainsi qu’au Premier ministre Ousmane Sonko. La filière anacarde constitue une source essentielle de revenus pour la population de Ziguinchor. Il est inacceptable que ce genre de décisions compromette un secteur qui génère des milliers d’emplois », a insisté le président du Cadre régional.
Il faut rappeler que la filière anacarde, stratégique pour l’économie régionale, fait face à de nombreuses difficultés ces dernières années, notamment dans un contexte de tensions sécuritaires dans le sud du pays. Cette incertitude fiscale pourrait dissuader les producteurs et les opérateurs d’honorer leurs engagements. Certains envisagent même de se retirer définitivement si aucune solution durable n’est trouvée.
