À Ziguinchor, l’Organisation internationale du travail (OIT) et le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique renforcent leur collaboration pour soutenir l’autonomisation économique des femmes. Une mission conjointe de terrain a permis de faire le point sur les avancées de la coopérative AGOS, spécialisée dans la transformation agroalimentaire, et d’identifier les leviers susceptibles d’accompagner son développement.
Cette mission a réuni Samira Daoud, directrice du bureau de l’OIT pour l’Afrique de l’Ouest, et Cheikh Ahmed Abdou G., directeur de l’Emploi au ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique.

AGOS, une dynamique collective au service des femmes transformatrices
D’abord confrontées à l’isolement dans leurs activités, plusieurs femmes entrepreneures de Ziguinchor ont progressivement mutualisé leurs efforts pour donner naissance à la coopérative AGOS. Avec l’accompagnement de l’OIT, cette organisation s’est structurée autour de la transformation et de la commercialisation des produits agroalimentaires. Présentée comme la plus grande coopérative de femmes transformatrices de produits agroalimentaires de la région, AGOS a bénéficié d’un appui couvrant plusieurs étapes, notamment l’organisation de son assemblée générale constitutive, le renforcement des capacités techniques et l’amélioration des pratiques de commercialisation.
Cette démarche collective contribue à mieux organiser les activités des membres, à mutualiser les compétences et à renforcer les perspectives de développement de leurs entreprises.

Un partenariat pour lever les contraintes et consolider les acquis
Malgré les progrès enregistrés, la coopérative reste confrontée à des difficultés structurelles et opérationnelles susceptibles de freiner son expansion. La visite de suivi de la délégation de l’OIT visait ainsi à apprécier les résultats obtenus, à identifier les besoins persistants et à faciliter la mise en relation d’AGOS avec de nouveaux partenaires techniques et institutionnels. Cette intervention s’inscrit dans la continuité du projet ADJIGEF, mis en œuvre par le Bureau international du travail (BIT) avec le concours de la coopération italienne au développement. L’objectif est de consolider les acquis de la structuration coopérative et de favoriser un accompagnement mieux adapté aux besoins des femmes transformatrices, notamment en matière de production, de commercialisation et de développement des activités.

La Convention nationale État-Employeur comme levier de création d’emplois
De son côté, la Direction de l’Emploi entend faciliter l’accès des coopératives et des entreprises de l’économie sociale et solidaire aux mécanismes publics de soutien à l’embauche. Au cœur de cette démarche figure la Convention nationale État-Employeur, présentée comme un instrument permettant de répondre aux besoins en main-d’œuvre qualifiée tout en allégeant une partie des charges liées au recrutement. Le dispositif prévoit notamment la mobilisation de profils professionnels adaptés aux besoins des unités de production ainsi qu’un partage des coûts salariaux avec l’État, selon les conditions applicables. À Ziguinchor, des sessions de sensibilisation ont été organisées pour permettre aux membres de la coopérative AGOS de mieux comprendre les modalités de cette convention et les possibilités qu’elle offre pour renforcer leurs capacités de production et développer leurs activités.

Vers un modèle durable d’autonomisation économique en Casamance
La collaboration entre l’OIT et le ministère de l’Emploi met en avant une approche combinant structuration des organisations féminines, renforcement des compétences techniques et accompagnement à la création d’emplois. Pour les femmes de la coopérative AGOS, l’enjeu consiste désormais à transformer les acquis organisationnels en possibilités concrètes de croissance, de professionnalisation et d’accès à de nouveaux marchés. À travers cette dynamique, la transformation agroalimentaire apparaît comme un levier de développement économique local en Casamance, avec des perspectives en matière d’entrepreneuriat féminin, de valorisation des produits locaux et de création d’emplois.
La consolidation de ces résultats dépendra toutefois de la capacité des partenaires à apporter des réponses durables aux besoins de financement, d’équipement, de formation et de commercialisation exprimés par les femmes transformatrices.
