SUNUGOX.INFO

Search
Close this search box.

Ziguinchor : Serigne Guèye Diop sonne la révolution industrielle de la Casamance avec l’Agropole Sud

En visite de travail à Ziguinchor, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, a acté la mise à disposition des infrastructures de l’Agropole Sud au secteur privé. Porteur d’une ambition de 35 000 emplois à terme, ce projet phare marque le passage de la région dans une nouvelle ère économique.

La Casamance s’apprête à tourner l’une des pages les plus décisives de son histoire économique. En déplacement dans la capitale du Sud, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Serigne Guèye Diop, a procédé au lancement officiel de la phase d’appropriation de l’Agropole Sud par les opérateurs économiques. Devant les entrepreneurs, les élus locaux et les autorités administratives, le ministre a dévoilé les contours d’un projet qui ne se veut plus seulement agricole, mais résolument industriel.

L’Agropole Sud change de dimension. Initialement prévu sur 85 hectares, le site s’étend désormais sur 125 hectares, s’imposant comme le plus grand pôle industriel de toute la région naturelle. La visite ministérielle a permis de constater l’état de préparation des infrastructures : parcelles viabilisées, hangars pour les PME, centres de recherche, laboratoires, dispensaires, banques et restaurants.

Le ministre a clairement affiché les ambitions de l’État pour ce site : « Ce qu’on voulait faire aujourd’hui, c’est montrer que la Casamance est en train de tourner une nouvelle page et de réécrire une autre page dite industrielle. Les agropoles, en réalité, ce sont des pôles industriels, ce qu’on ne sait pas depuis longtemps. L’agropole du Sud est en réalité l’agropole le plus important en termes de surface. Aujourd’hui, au niveau du Sénégal, nous avons voulu le lancer d’une façon différente ».

Pour ce projet d’envergure, dit-il, « le gouvernement prône une rupture totale avec la gestion du passé où les pouvoirs publics se désengageaient une fois les chantiers livrés », a-t-il soutenu. Cette fois-ci, l’accompagnement sera continu. Serigne Guèye Diop a tenu à préciser les responsabilités de chacun.

« Le rôle de l’État n’est pas justement d’exploiter des usines ni de construire des usines. Le rôle de l’État, c’est faire en sorte que les entreprises aient accès à la terre et accès à la surface bâtie, mais surtout accès à l’eau, à leur cité ».

L’appel a d’ores et déjà été entendu par le secteur privé. Sur la soixantaine d’entreprises invitées lors de cette journée, une douzaine a déjà formalisé ses réservations sur le site. Les industriels, les transformateurs, les restaurateurs et même la grande distribution sont invités à s’y inscrire massivement.

L’impact social de l’Agropole Sud s’annonce historique pour la jeunesse de la région. Les projections du ministère tablent sur la création de 30 000 à 35 000 emplois directs, adossés à 14 000 emplois indirects.

Au-delà de l’aspect purement productif, le projet va redessiner l’urbanisme local. En collaboration avec le ministère de l’Urbanisme et la municipalité de Ziguinchor, une zone de logements HLM sera érigée à proximité immédiate pour permettre aux travailleurs de se loger sur place. Ce modèle intégré a vocation à essaimer : »Ce modèle, c’est ce qu’on va faire dans tous les neuf départements de la Casamance naturelle, de Kolda à Oussouye, en passant par Bignona, en passant également par Marsa et par Sédhiou. Et c’est ça qu’on va faire dans les quarante cinq départements du Sénégal ».

L’objectif stratégique de l’Agropole reste le relèvement drastique du taux de transformation des produits locaux, actuellement estimé à peine à 15 % au Sénégal, contre 90 % en Afrique du Sud. Pour le ministre, il s’agit d’une condition sine qua non à l’émergence du pays.

« Tant que ce taux de transformation de l’anacarde ne va pas être élevé, en fait, nos pays ne pourront pas se développer. C’est pour cette raison là que l’Agropole va faire de l’anacarde, mais pas que de l’anacarde, va transformer les mangues de Casamance, mais pas que. Ça va s’étendre à tous les produits de la Casamance », a martelé le ministre.

La phase opérationnelle est désormais enclenchée. Après les sessions de rencontres d’affaires (B2B) qui ont clôturé cette journée, le ministre a donné un calendrier précis aux entreprises intéressées pour finaliser leurs dossiers administratifs. « Dans un mois, nous allons revenir pour voir maintenant quelles sont les entreprises qui ont fourni leur papier. Et l’activité va commencer immédiatement », a conclu le ministre.

Partager