Ziguinchor, 29 juillet 2025 – Un nouveau coup de filet a été opéré par la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT), qui a procédé à l’arrestation de trois individus impliqués dans un vaste réseau de fabrication de faux documents administratifs, notamment des passeports, visas et cartes de séjour européens.

Une découverte fortuite au poste frontalier de Mpack
L’affaire a démarré lors d’un contrôle de routine au poste frontalier de Mpack, dans la région de Ziguinchor. Un voyageur a été intercepté alors qu’il détenait des copies suspectes de documents de voyage : passeports, visas, relevés bancaires et autres pièces administratives. Les soupçons rapidement confirmés ont conduit à l’ouverture d’une enquête.
Un deuxième suspect et un téléphone révélateur
Les investigations ont permis l’identification et l’arrestation d’un second suspect, dont le téléphone portable a révélé l’existence d’un réseau actif de falsification de documents de voyage en provenance de plusieurs pays européens et américains.
Lors de son audition, ce dernier a tenté de minimiser son rôle, se présentant comme un simple “vérificateur d’authenticité”, grâce à un dispositif ultraviolet installé dans son salon. Une explication jugée peu convaincante par les enquêteurs.

Des aveux et des complicités dévoilées
Confronté à un enregistrement audio compromettant dans lequel il échangeait sur WhatsApp au sujet de la fabrication de faux documents, le mis en cause a fini par avouer ses liens avec un complice spécialisé dans la confection et la vente de faux contrats de travail. Il a affirmé se charger de la personnalisation et de l’impression des documents contrefaits, contre une rémunération de 20.000 francs CFA par pièce.
Concernant les actes d’état civil, notamment les extraits de naissance, il a reconnu travailler avec un agent d’état civil qui lui fournissait les documents requis, y compris des copies littérales, en contrepartie d’une commission de 60.000 francs CFA par commande.

Une tentative de destruction de preuves numériques
Autre fait marquant de l’enquête : l’implication du fils du principal suspect, qui aurait usurpé l’identité de son père pour accéder à son compte WhatsApp, avec pour objectif de supprimer des preuves numériques sensibles. Ce dernier aurait agi sous l’influence d’un cousin impliqué dans le réseau.
Les trois individus arrêtés sont poursuivis pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux documents administratifs. Les enquêteurs poursuivent leurs investigations pour démanteler entièrement le réseau, en identifiant tous les complices, y compris ceux basés à l’étranger.

