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Zones frontalières Sénégal–Mali–Guinée : Miser sur les jeunes pour renforcer la résilience et la stabilité !

La ville de Kédougou, nichée à l’extrême sud-est du Sénégal, a accueilli une importante rencontre régionale dans le cadre du programme RéZo – Renforcement de la Résilience dans les Zones Frontalières. Cette initiative conjointe entre le Sénégal, le Mali et la Guinée vise à améliorer les conditions de vie des populations frontalières, en particulier les jeunes, et à prévenir les risques d’instabilité régionale.

Durant trois jours, du 25 au 27 juin, les représentants des trois pays, accompagnés de partenaires techniques et financiers, ont travaillé à l’harmonisation de la planification opérationnelle du programme. Cette étape marque un jalon important dans la phase de démarrage du projet, prévue sur la première moitié de l’année 2025.

Mis en œuvre par la GIZ avec l’appui financier de l’Union européenne (UE) et du Ministère allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), le programme RéZo cible les zones frontalières tripartites, connues pour leurs dynamiques transfrontalières intenses, mais aussi leurs vulnérabilités : pauvreté, chômage des jeunes, conflits liés à la gestion des ressources naturelles, faiblesse des infrastructures, etc.

À travers ce programme, il s’agit de promouvoir l’accès à des services de base (éducation, santé, eau, formation, etc.) et de soutenir la création d’emplois inclusifs et respectueux de l’environnement, notamment dans le secteur agricole, pour offrir des alternatives économiques viables aux jeunes souvent en proie au désœuvrement.

Pour Mamadou Fadé, directeur départemental de l’Agence régionale de développement (ARD) à Goudiry et Bakel, cette initiative répond à une urgence : « Les jeunes des zones frontalières sont souvent à la croisée des chemins. En leur offrant des perspectives, on agit concrètement pour la paix, la stabilité et le développement local. »

Il a également rappelé que les zones concernées sont caractérisées par une grande diversité culturelle et religieuse, des liens sociaux et commerciaux forts, mais aussi par des défis partagés. C’est pourquoi le programme s’appuie sur une coopération étroite avec les institutions nationales compétentes :

  • La Commission nationale de gestion des frontières (CNGF) au Sénégal ;
  • Le Ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation au Mali, via sa Direction nationale des frontières (DNF) ;
  • Le Ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation en Guinée, à travers la Direction nationale des libertés publiques et des frontières (DNLPF).

Le directeur régional de l’ARD de Tambacounda, Sidy Coulibaly, a insisté sur l’approche participative du programme. Selon lui, RéZo mobilise un large éventail d’acteurs : structures de formation professionnelle, collectivités territoriales, groupements locaux de coopération transfrontalière (GLCT), société civile et secteur privé.

« La réussite du programme dépendra de l’implication des communautés elles-mêmes. Il ne s’agit pas seulement d’investir, mais de construire des solutions avec et pour les populations locales », a-t-il souligné.

Au-delà de la résilience individuelle et communautaire, le programme RéZo ambitionne de renforcer la coopération entre les trois pays, autour de projets concrets et partagés. Cette dynamique devrait contribuer à faire des zones frontalières non plus des espaces marginalisés, mais de véritables pôles de stabilité, de dialogue et d’innovation socio-économique.

Pape Demba Sidibé

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