
Suite aux accusations de mauvaise gestion et de surfacturation dans le cadre du Programme de Résilience Économique et Sociale (PRES), l’ancien ministre du Développement communautaire, Mansour Faye, est monté au créneau pour apporter sa version des faits. Dans une déclaration publique, il a dénoncé une tentative de manipulation autour du processus d’acquisition des denrées alimentaires durant la crise du Covid-19.
Une procédure exceptionnelle en temps de crise
Rappelant le décret présidentiel n°2020-781 du 18 mars 2020, M. Faye a souligné que ce texte autorisait des dérogations au Code des Marchés Publics dans le contexte d’urgence sanitaire. À l’instar de nombreux pays et institutions internationales, le Sénégal avait suspendu ses procédures classiques de passation de marchés durant cette période critique.
Selon lui, bien que l’entente directe ait été permise, son ministère avait fait le choix, “par prudence et souci de transparence”, de recourir à une procédure d’appel d’offres en urgence. L’ARMP (Autorité de Régulation des Marchés Publics) avait d’ailleurs été officiellement saisie pour encadrer cette démarche.
Des fournisseurs sélectionnés et une distribution supervisée
Après publication des appels à commande dans la presse (Le Soleil et L’Observateur), les offres avaient été évaluées par la Commission des marchés du ministère. Les entreprises Avantis Suarl, AFRI And CO, Groupe Bembouck et CCMN avaient été retenues, avec des volumes allant jusqu’à 35.000 tonnes de riz pour certains.
L’exécution du programme, décrit par M. Faye comme “l’une des plus grandes opérations de distribution alimentaire en Afrique”, s’était faite en coordination avec plusieurs entités de l’État : Gendarmerie nationale, Commissariat à la Sécurité Alimentaire, Forces armées, et administration territoriale.
Une gestion co-pilotée avec le ministère des Finances
Concernant les paiements, l’ancien ministre a précisé qu’un gestionnaire désigné par le ministère des Finances centralisait les règlements, ajoutant que le DAGE (Directeur de l’Administration Générale et de l’Équipement) intervenait également en tant que gestionnaire de compte désigné. Les paiements ont été effectués “en parfait accord avec le ministère”, insiste-t-il.
Quant à la “surfacturation” évoquée dans un rapport de la Cour des Comptes, Mansour Faye rejette ces allégations, les qualifiant de “véritable forfaiture”, évoquant uniquement “des questions procédurales” pointées par l’organe de contrôle.
Une défense ferme face aux critiques
Accusant des “Pastefiens et leurs sbires” de propager de fausses informations, M. Faye se défend vigoureusement, appelant à une lecture plus rigoureuse des faits et documents. Il affirme que sa démarche a toujours été guidée par la transparence et l’efficacité dans un contexte d’extrême urgence.
