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Surfacturations dans les marchés publics : Thierno Bocoum alerte sur un contournement de la justice !

Dans une déclaration publiée ce 02 juin 2025, Thierno Bocoum, président du mouvement AGIR, a vivement critiqué la gestion des surfacturations révélées par le Premier ministre Ousmane Sonko. Pour l’ancien député, l’exécutif, en annonçant avoir récupéré 150 milliards FCFA sans passer par la justice, « écrit une nouvelle page de l’impunité » au lieu de la tourner.

Le chef du gouvernement avait en effet affirmé que l’État du Sénégal a renégocié plusieurs contrats publics entachés de surfacturations massives, permettant de récupérer des sommes importantes. Mais pour Thierno Bocoum, ce qui pouvait apparaître comme une avancée vers la transparence « révèle au contraire une pratique dangereuse : l’exécutif qui se substitue à la justice et le droit qui devient une variable de communication politique ».

Citant l’article 32 du Code de procédure pénale et l’article 135 du Code pénal, Bocoum rappelle que toute autorité informée d’un délit a l’obligation de le signaler au procureur de la République, et que la surfacturation constitue un crime économique passible de 5 à 10 ans de prison.

« On ne récupère pas une infraction. On la juge. » écrit-il, pointant du doigt ce qu’il considère comme un blocage volontaire des poursuites judiciaires.

La sortie du président d’AGIR intervient dans un contexte où plusieurs figures politiques et économiques sont détenues pour des soupçons similaires. L’ancien ministre Mansour Faye est incarcéré, tout comme l’entrepreneur Tahirou Sarr, malgré leurs propositions de caution. Dans le même temps, d’autres acteurs économiques « ayant réellement surfacturé selon le Premier ministre lui-même » ne sont ni inquiétés ni poursuivis.

Thierno Bocoum dénonce ainsi une « justice sélective » et accuse le gouvernement d’avoir « transformé un crime économique en opportunité de redressement technique », sans suite judiciaire. « Ce n’est pas un signal de rigueur. C’est un contournement assumé de l’État de droit », estime-t-il.

L’ancien parlementaire appelle donc le Premier ministre à faire preuve de cohérence : « Si Ousmane Sonko veut réellement tourner la page de l’impunité, il devra commencer par ne pas en écrire une nouvelle. »

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