
Bis repetita. La campagne hivernale s’annonce particulièrement difficile pour les producteurs du département de Podor, où le débordement du fleuve Sénégal a entraîné l’inondation de près de 1 900 hectares de terres agricoles. Selon les dernières données de la Société d’aménagement et d’exploitation des terres du Delta, de la Vallée du fleuve Sénégal et de la Falémé (SAED), 507 hectares ont été officiellement déclarés sinistrés, toutes spéculations confondues, dont 354,46 hectares de riz.
Des chiffres certes élevés, mais inférieurs à ceux de l’année dernière, grâce aux efforts de sensibilisation menés par la SAED auprès des producteurs. L’institution avait en effet multiplié les rencontres de prévention, insistant sur les mesures de sécurité à adopter pour une campagne maîtrisée, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire des ménages.

En appui, la Délégation de la SAED a soutenu plusieurs organisations paysannes dans les travaux de relèvement des digues de protection autour de certains périmètres irrigués villageois (PIV), afin de réduire l’exposition aux crues.
« Selon les statistiques arrêtées, 1 903,85 hectares sont inondés dans la zone d’intervention de la SAED. Cependant, il s’agit pour la plupart de périmètres non exploités cette saison », a précisé Ousseynou Tall, chef de la Division Appui à la production et à l’entrepreneuriat rural (DAPER) à Podor.
M. Tall indique que la mise en valeur totale pour la campagne hivernale 2025 s’élève à 4 262,69 hectares, contre 4 847 hectares lors de la précédente saison. Parmi les superficies affectées, 507,86 hectares exploités ont été touchés par les inondations, dont la culture rizicole reste la plus impactée.

Le secteur de Guédé est le plus durement frappé. Les producteurs des îlots IT3 et IT4 de Guédé Village ont dû abandonner leurs parcelles de riz à maturité submergées par les eaux. Dans la même localité, 15 hectares de gombo ont également été perdus, aggravant les pertes pour des familles déjà éprouvées par une conjoncture économique difficile.
Face à cette situation, les producteurs lancent un appel pressant à l’État pour une aide d’urgence, afin de compenser les pertes et relancer les activités agricoles dans les plus brefs délais.
