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Kolda : la vaccination, un défi collectif pour protéger les communautés.

      Sous l’impulsion de la Direction régionale de la Santé, les différents acteurs se sont réunis ces derniers jours pour un grand plaidoyer en faveur de l’élargissement de la couverture vaccinale dans la région. Élus territoriaux, responsables sanitaires, leaders communautaires et partenaires techniques engagés dans la lutte contre les maladies évitables par la vaccination ont tous répondu présents à cette rencontre stratégique.

L’objectif est de renforcer la dynamique déjà enclenchée par la Task Force régionale, cette équipe spécialement constituée pour améliorer les performances vaccinales dans les différents districts sanitaires. Et dans ce dispositif, les élus locaux jouent un rôle clé. Véritables relais de proximité, ils sont considérés comme des maillons essentiels pour sensibiliser les populations et promouvoir les pratiques préventives au sein des communautés.

Car il faut bien le dire, dans plusieurs localités, les campagnes de vaccination se heurtent encore à des obstacles de taille notamment la désinformation, les pesanteurs socioculturelles, l’éloignement des structures sanitaires… Autant d’obstaclesque les autorités espèrent lever en impliquant davantage les maires, les élus locaux et les leaders. A terme il s’agit de renforcer l’adhésion communautaire et encourager les populations à fréquenter les postes de vaccination.

Un état des lieux sans concession

Lors de cette rencontre, le responsable régional du programme de vaccination a présenté un tableau détaillé de la situation sanitaire de la région. En s’appuyant sur la carte sanitaire régionale, il a mis en lumière les progrès accomplis, mais aussi les défis qui persistent pour atteindre les objectifs de couverture vaccinale.

Monsieur Ngor Diouf a notamment souligné que plusieurs localités continuent de faire face à des réticences face à la vaccination. Ces résistances, souvent liées à des croyances socioculturelles, à la désinformation ou simplement au manque d’information, réduisent considérablement les efforts des services de santé. Face à ce constat, il a insisté sur la nécessité de renforcer la coordination de la mobilisation communautaire, en impliquant davantage les leaders d’opinion, les élus locaux, les relais communautaires et les autorités religieuses dans les campagnes de sensibilisation.

« La vaccination reste une responsabilité collective. Sans l’adhésion des communautés, il sera difficile d’atteindre les objectifs fixés », a-t-il martelé devant les participants.

Des préoccupations qui persistent

Au terme des échanges, les différents acteurs présents ont réaffirmé leur engagement en faveur de la vaccination et leur volonté d’accompagner les autorités sanitaires dans les stratégies de prévention. Mais plusieurs préoccupations majeures ont été soulevées.

Les participants ont notamment évoqué la persistance des accouchements à domicile dans certaines zones reculées de la région. Une situation qui complique le suivi sanitaire des nouveau-nés et réduit les possibilités d’administration précoce des vaccins essentiels. Un véritable défi pour les structures sanitaires, particulièrement dans les localités où l’accès aux postes de santé reste difficile.

Un autre sujet d’inquiétude demeure la faible adhésion à la vaccination contre le cancer du col de l’utérus chez les jeunes filles âgées de 9 à 14 ans. Les autorités sanitaires ont relevé que de nombreuses adolescentes ne reçoivent pas encore les doses recommandées du vaccin contre le papillomavirus humain (HPV), pourtant considéré comme un moyen efficace de prévention contre cette maladie. Les réticences des parents, les fausses informations qui circulent dans certaines communautés et le déficit de sensibilisation expliqueraient en partie cette situation.

Les difficultés du personnel de santé sur le terrain

  Dans son intervenant, le président de l’Association Nationale des Infirmiers et Infirmières Diplômés d’État du Sénégal (ANIDES) a attiré l’attention sur plusieurs difficultés auxquelles fait face le personnel de santé dans la mise en œuvre des programmes de vaccination.

   Monsieur Issa Ndione s’est notamment prononcé sur les insuffisances liées à l’électricité dans plusieurs structures sanitaires de la région. Selon lui, ces défaillances constituent une menace sérieuse pour le maintien de la chaîne de froid indispensable à la conservation des vaccins. Il a également évoqué le manque de dotations en carburant, une contrainte qui limite les déplacements des équipes médicales lors des stratégies avancées organisées dans les villages éloignés.

Pour les professionnels de santé, ces difficultés logistiques freinent considérablement les efforts de couverture vaccinale et compliquent les interventions sur le terrain. Ils appellent donc à un renforcement des moyens matériels et financiers pour permettre aux équipes sanitaires d’assurer convenablement leurs missions auprès des populations.

Le cancer du col de l’utérus, une priorité de santé publique

Le point central de cette campagne porte sur la prévention du cancer du col de l’utérus, devenue une priorité de santé publique. A travers l’introduction et le renforcement du vaccin contre le papillomavirus humain (HPV), les autorités sanitaires veulent intensifier la protection des jeunes filles contre cette maladie qui demeure l’une des principales causes de décès chez les femmes sur le continent. Les acteurs de santé soulignent que la réussite de cette stratégie dépend fortement de l’adhésion des familles et de la mobilisation communautaire.

Des performances contrastées selon les départements 

Dans les différents départements de la région de Kolda, les performances vaccinales restent toutefois contrastées. Les données recueillies par les services sanitaires montrent des disparités importantes selon les zones. Certains districts peinent encore à atteindre les objectifs fixés en matière de couverture vaccinale, notamment dans les zones rurales difficiles d’accès.

A l’inverse, le département de Médina Yoro Foulah se distingue par des résultats particulièrement encourageants. Classé parmi les meilleurs en termes de couverture vaccinale, ce département apparaît aujourd’hui comme un modèle d’organisation et de mobilisation communautaire. Les autorités sanitaires attribuent ces performances à un maillage territorial efficace, à l’engagement des relais communautaires ainsi qu’à une forte implication des autorités locales.

Grâce à cette coordination de proximité, les équipes de santé parviennent à atteindre les cibles fixées et à réduire significativement les risques liés aux maladies évitables par la vaccination. Cette réussite illustre, selon les responsables sanitaires, l’importance d’une collaboration étroite entre services de santé, collectivités territoriales et communautés pour garantir le succès durable des politiques de prévention dans la région.

Vers une mobilisation renforcée

A travers cette rencontre, les acteurs de la santé espèrent poser les bases d’une mobilisation plus forte et d’une meilleure coordination entre autorités administratives, les élus, personnel médical et communautés locales. L’ambition affichée reste de garantir une couverture vaccinale optimale dans toute la région de Kolda et de protéger durablement les populations contre les maladies évitables par la vaccination.

Mamadou TAMBOURA 

Correspondant permanent

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