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Grossesses scolaires à Tambacounda : 101 cas en 2025, le défi du “Zéro grossesse à l’école” relancé

L’Académie de Tambacounda occupe une position intermédiaire au classement national avec 101 cas de grossesses en milieu scolaire enregistrés en 2025, un chiffre quasi stable depuis quatre ans, oscillant entre 101 et 102 cas. Cette situation dite stationnaire a été largement commentée lors de la rencontre de partage du rapport de l’Observatoire des grossesses en milieu scolaire 2024-2025, tenue avec les Inspections d’Académie.

À cette occasion, les acteurs du secteur éducatif ont insisté sur la nécessité de renforcer les initiatives existantes afin d’inverser durablement la tendance et d’atteindre l’objectif ambitieux de « Zéro grossesse à l’école ». L’enjeu est de taille face aux conséquences majeures du phénomène, notamment l’abandon scolaire, la stigmatisation sociale, la baisse des performances académiques et les risques sanitaires accrus pour la mère et l’enfant.

Les initiatives du Groupe d’Étude et d’Enseignement sur les Problèmes de Population (GEEP) ont été unanimement saluées. L’Inspecteur d’Académie de Tambacounda, Assane Mbengue, a rappelé l’évolution des cas de grossesses scolaires depuis 2015, tout en soulignant les efforts importants consentis par l’État du Sénégal pour endiguer ce fléau. Il a indiqué que le GEEP, à travers son observatoire, accompagne efficacement l’État dans la mise en œuvre de sa politique de développement.

Appelant à une mobilisation collective, M. Mbengue a exhorté l’ensemble des parties prenantes à mutualiser leurs efforts en s’appuyant notamment sur la NITHE (Nouvelle Initiative pour la Transformation Humaniste de l’Éducation) et sur le renforcement de la citoyenneté en milieu scolaire. La rencontre s’est déroulée en présence de l’IME, du Bureau Genre (IA/IEF), du collectif des chefs d’établissement de Tambacounda, de l’URAPE, du COSYDEP, du CDPE, des IEMS, des PRT et des LEA.

Pour l’Inspecteur d’Académie, les grossesses précoces en milieu scolaire constituent un problème majeur de santé publique et d’éducation, touchant principalement les adolescentes âgées de 10 à 19 ans encore scolarisées. Les causes sont multiples : manque d’éducation sexuelle, pauvreté, pressions sociales et culturelles, mariages précoces, violences sexuelles, accès limité aux services de santé sexuelle et reproductive, influence des pairs et insuffisance de l’encadrement familial et scolaire.

Abondant dans le même sens, M. Youssouph Signate, coordinateur régional du pôle des clubs EVF du GEEP, a insisté sur la nécessité d’une approche multisectorielle impliquant l’école, la famille, la communauté et les services de santé. Il a remercié les autorités académiques pour leur accompagnement constant et a mis l’accent sur l’importance de l’éducation sexuelle adaptée à l’âge, de la sensibilisation des élèves et des parents, de la promotion de l’égalité de genre, ainsi que de la mise en place de mécanismes de protection et de réintégration scolaire des filles enceintes.

Depuis 2014, a-t-il rappelé, le GEEP mène des études sur les grossesses précoces en milieu scolaire, un phénomène qui demeure un défi majeur pour la société et pour l’école, malgré l’existence de politiques éducatives et sanitaires. Face à la persistance du problème, des actions ciblées, coordonnées et adaptées aux réalités locales restent indispensables.

C’est dans cette dynamique que le GEEP a mis en place la stratégie « Zéro grossesse à l’école », qu’il entend déployer avec l’appui de partenaires techniques et financiers, afin de réduire la vulnérabilité des adolescentes et garantir pleinement leur droit à l’éducation.

Pape Demba Sidibé

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