C’est à Kaolack, que le Conseil national de Développement des Collectivités territoriales (CNDCT) a tenu, ce 30 Décembre 2025, sa commission restreinte consacrée à l’examen de la répartition des ressources financières transférées par l’État aux collectivités territoriales pour l’exercice 2026. Une rencontre historique, marquée par la tenue, pour la première fois, des travaux du CNDCT en dehors de Dakar.
Présidant la session, le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, Moussa Bala Fofana, a souligné la portée politique de ce choix, qu’il considère comme une traduction concrète de la volonté gouvernementale de rapprocher les instances de décision des territoires. « Nous ne nous contentons plus de parler de décentralisation, nous la vivons », a-t-il déclaré.
Une enveloppe en hausse malgré un contexte budgétaire contraint
Pour l’année 2026, l’enveloppe globale des transferts de l’État aux collectivités territoriales s’élève à 84,66 milliards de francs CFA, contre 79,66 milliards de francs CFA en 2025, soit une augmentation de 5 milliards de francs CFA, correspondant à une progression de 6 %. Selon le ministre, cette hausse confirme l’engagement du Gouvernement à garantir une augmentation annuelle minimale des ressources transférées, en dépit des contraintes budgétaires nationales.
Répartition équilibrée entre fonctionnement et investissement
Le Fonds de Dotation de la Décentralisation (FDD) est porté à 38,43 milliards de francs CFA, enregistrant une hausse de 1,5 milliard de francs CFA. Conformément aux dispositions du Code général des Collectivités territoriales, au moins 70 % de ce fonds sont consacrés à la compensation des charges liées aux compétences transférées, 25 % au plus au fonctionnement, et 5 % au plus à l’appui aux services déconcentrés de l’État. La dotation de compensation bénéficie prioritairement aux communes (65 %) et aux départements (35 %), en reconnaissance du rôle central du niveau communal dans la fourniture des services publics de proximité. Le ministre a également salué la pérennisation de la contribution de 2,5 % du FDD au profit du Centre national de la Fonction publique locale et de la Formation, considérée comme un levier essentiel pour la professionnalisation des acteurs territoriaux.
Un FECT orienté vers les projets structurants et l’interterritorialité
Le Fonds d’Équipement des Collectivités territoriales (FECT) atteint 46,23 milliards de francs CFA, en hausse de 3,5 milliards de francs CFA. Sa répartition repose sur trois guichets :
- – 15 % pour le FECT spécial, dédié aux programmes structurants de la décentralisation ;
- – 80 % pour le FECT global, destiné aux investissements des communes, villes et départements ;
- – 5 % pour le FECT interterritorialité, afin de promouvoir la coopération intercommunale.
À ces ressources nationales s’ajoutent les financements des partenaires techniques et financiers, notamment dans le cadre du PACASEN, pour un montant de 32,6 milliards de francs CFA, alloués sur la base de la performance.
Transformer les ressources en impacts concrets
Clôturant son intervention, Moussa Bala Fofana a invité les participants à des échanges francs et constructifs, rappelant que les ressources financières ne constituent pas une fin en soi, mais un instrument au service du développement local. « L’enjeu est de transformer ces milliards en écoles, en centres de santé, en infrastructures et en emplois locaux », a-t-il insisté, avant de déclarer ouverts les travaux de la commission restreinte du CNDCT.
