Dans une tribune au ton ferme et sans concession, le président du mouvement AGIR-LES LEADERS, Thierno Bocoum, a adressé une interpellation directe au chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, pointant ce qu’il considère comme des insuffisances majeures dans la conduite des affaires publiques.

Dès les premières lignes, l’ancien parlementaire exprime sa déception face à une intervention présidentielle qu’il juge « inachevée », reprochant au président un manque de clarté sur les sujets essentiels. Il dénonce notamment une communication jugée évasive, dominée par des formules prudentes comme « nous y travaillons », qui, selon lui, peinent à rassurer une opinion en attente d’engagements concrets.
Au cœur de son analyse, Thierno Bocoum met en lumière un déséquilibre qu’il estime révélateur : une forte implication du président dans les affaires de son parti, le Pastef, contrastant avec une posture plus distante lorsqu’il s’agit de la gestion de l’État. Il y voit une confusion des rôles, où le « je » revendiqué dans le champ partisan s’oppose au « nous » employé pour évoquer les responsabilités nationales.
La question des fonds politiques constitue également un point de crispation. L’opposant y voit un « reniement » supplémentaire, qu’il inscrit dans une trajectoire plus large de revirements, alimentant selon lui l’image d’une gouvernance marquée par l’instabilité des positions.
Sur le terrain institutionnel, la critique se fait plus structurelle. L’auteur s’interroge sur la capacité du chef de l’État à porter des réformes majeures, dans un contexte où la majorité parlementaire issue de son propre camp peut adopter des textes sans son aval. Une situation qui, selon lui, fragilise non seulement l’autorité présidentielle, mais aussi la cohérence du projet de réforme institutionnelle.
Dans ce sillage, Thierno Bocoum pose une question de fond : celle de la légitimité politique à conduire des transformations d’envergure lorsque l’exécutif semble contourné ou désavoué par sa propre majorité.
La tribune aborde également la question de la neutralité de l’État dans le débat autour d’une éventuelle candidature de Macky Sall. L’auteur met en doute les affirmations du président, évoquant des prises de position publiques d’anciens membres du gouvernement qu’il juge difficilement dissociables d’une ligne politique implicite.
Enfin, la relation entre le président et son Premier ministre est évoquée sous l’angle de l’autorité. Si la confiance est affichée, Thierno Bocoum estime qu’elle s’accompagne d’une tolérance préoccupante face à des contradictions publiques, susceptibles d’affaiblir la stature du chef de l’État.
En conclusion, le leader d’AGIR-LES LEADERS appelle à un sursaut de clarté et de cohérence. Pour lui, l’enjeu dépasse les logiques partisanes : il s’agit désormais, pour le pouvoir en place, de répondre aux exigences de gouvernance avec une ligne lisible, une autorité assumée et une responsabilité pleinement incarnée au sommet de l’État.
