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Modification des articles L29 et L30 du code électoral/Diomaye recadre Pastef : « il n’y avait pas d’urgence »

Le président de la République Bassirou Diomaye Faye a profité de sa participation à la Grande Interview, ce samedi, pour marquer une prise de distance inhabituelle vis-à-vis de certaines initiatives portées par son propre camp politique, notamment les députés du Pastef.

S’exprimant sur la modification des articles L29 et L30 du code électoral, le chef de l’État a clairement affiché ses réserves : il dit ne pas avoir perçu l’urgence d’une telle réforme, rappelant que le pays était engagé dans une « dynamique consensuelle ». Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions politiques, alors que l’opposition dénonce une démarche unilatérale susceptible de fragiliser les efforts de dialogue autour du cadre électoral.

En creux, cette position présidentielle semble valider les appels à une réforme inclusive et concertée. Elle suggère également que les initiatives parlementaires de la majorité ne reflètent pas systématiquement la vision portée par le chef de l’État sur les questions institutionnelles.

Mais le message le plus fort adressé par Bassirou Diomaye Faye concerne son propre parti. Dans un ton inhabituellement ferme, il a mis en garde contre un possible affaiblissement du Pastef si celui-ci ne procède pas à une « correction de trajectoire ». Cet avertissement sonne comme un appel à un recentrage sur les valeurs fondatrices du parti, notamment en matière de rigueur, de discipline et de cohérence politique.

Le président a également tenu à clarifier la place de Ousmane Sonko, en rejetant toute lecture messianique de son leadership. En affirmant que Sonko n’a jamais adhéré à une logique de culte de la personnalité, Diomaye cherche à désamorcer les dérives potentielles liées à une personnalisation excessive du pouvoir au sein du parti.

Au final, cette double prise de position révèle une volonté du chef de l’État de réaffirmer une ligne institutionnelle claire : privilégier le consensus dans les réformes électorales et préserver le caractère collectif du projet politique porté par le pouvoir. Elle met aussi en lumière des ajustements internes au sein de la majorité, dans un contexte où la gestion du pouvoir exige davantage de cohérence entre l’exécutif et le législatif.

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