Le 1er mai, Journée internationale du Travail, a été célébré avec ferveur au Conseil départemental de Ziguinchor. Cette occasion a réuni les agents dans une ambiance conviviale, marquée par un moment de réflexion sur les droits des travailleurs et leurs conditions professionnelles. Alou Sissé, délégué du personnel du Conseil départemental de Ziguinchor, a pris la parole pour souligner l’importance de cette journée et évoquer les défis majeurs auxquels sont confrontés les agents des collectivités territoriales.

« Aujourd’hui, nous sommes réunis non seulement pour célébrer la Journée internationale du Travail, mais aussi pour honorer deux de nos collègues qui partent à la retraite », a déclaré M. Sissé. Il a insisté sur la double portée symbolique de cette célébration : un temps de ressourcement pour les travailleurs et une opportunité de faire le point sur les droits acquis et ceux qui restent à conquérir. Cette introspection collective vise à mieux envisager les perspectives d’avenir et à renforcer la solidarité entre agents.
Lors de cet événement, une communication a été organisée afin de rappeler les droits et obligations des agents territoriaux. Cette démarche vise à informer et sensibiliser le personnel sur leur situation professionnelle, un aspect qu’Alou Sissé considère comme fondamental pour défendre efficacement leurs intérêts.
Au cœur de son intervention, Alou Sissé a mis en lumière une problématique récurrente : la discrimination salariale entre les agents de la fonction publique d’État et ceux des collectivités territoriales. « Nous avons été formés dans les mêmes écoles, nous possédons les mêmes compétences et réalisons les mêmes missions », a-t-il souligné, avant de s’interroger : « Comment peut-on accepter qu’il y ait une telle différence de traitement salarial entre ces deux catégories d’agents ? »
Le délégué a rappelé qu’une loi impose que toute revalorisation salariale dans la fonction publique nationale soit automatiquement appliquée aux agents territoriaux, une règle encore trop souvent ignorée. « Le travail que nous accomplissons est un service public à part entière. Refuser l’égalité salariale revient à piétiner notre dignité, ce qui est humainement et moralement inacceptable », a-t-il martelé.
Selon lui, cette inégalité fragilise la cohésion sociale au sein de la fonction publique et instaure un sentiment d’injustice entre agents effectuant des tâches comparables. Il a ainsi lancé un appel ferme aux autorités compétentes pour qu’elles respectent pleinement leurs engagements et garantissent une application juste et immédiate des décisions salariales.
Alou Sissé n’a pas hésité à dénoncer ce qu’il qualifie de manque de sérieux dans la gestion des salaires et des droits des agents. « On attend des arrêtés, des mouvements, alors que l’application devrait être automatique », a-t-il reproché. Il a également interpellé certains responsables syndicaux, les invitant à ne pas céder à des compromis jugés inacceptables. Pour lui, la défense des droits des agents doit rester intransigeante.
Il a aussi évoqué avec insistance la compétence des agents territoriaux, parfois sous-estimée. « Ceux qui nous gouvernent ne sont pas toujours les plus méritants ; nos agents, eux, ont les compétences et le dévouement nécessaires », a-t-il affirmé. Ce constat sert de socle à son appel à un respect accru des droits, car c’est avant tout la dignité humaine qui est en jeu.
Lors de son intervention, Alou Sissé a également abordé la question de la retraite, notamment l’importance d’un système de cotisations sociales régulier et équitable. Il a dénoncé des manquements de certaines collectivités territoriales à leurs obligations en matière de cotisations, appelant l’IPRES — la caisse de retraite des agents — à exercer pleinement ses pouvoirs de contrôle et de sanction.
« La loi donne à l’IPRES la possibilité de poursuivre les collectivités défaillantes ; il faut qu’elle agisse », a-t-il insisté, soulignant que le bon fonctionnement des cotisations est indispensable pour garantir des pensions justes et pérennes.

En outre, il a plaidé pour une revalorisation significative des pensions de retraite, estimant que les montants versés aujourd’hui sont insuffisants au regard des années de service accomplies. « Vous travaillez 15, 20, voire 30 ans, et à la retraite, vous devenez comme un moyen, un élément secondaire. Ce n’est pas acceptable », a-t-il dénoncé.
Par ailleurs, il a suggéré de repenser l’âge de départ à la retraite, évoquant la vitalité et les compétences de nombreux agents. « Nos collègues qui prennent leur retraite sont souvent encore très opérationnels, très compétents. Pourquoi précipiter leur départ ? », a-t-il interrogé, mettant en lumière le paradoxe d’un marché du travail où l’emploi stable est parfois difficile à obtenir avant 40 ou 45 ans.
Un engagement constant pour la protection des agents territoriaux
Ce discours d’Alou Sissé, prononcé lors de la célébration du 1er mai au Conseil départemental de Ziguinchor, témoigne d’un engagement profond en faveur de la justice sociale et de la reconnaissance des agents territoriaux. Face à des défis multiples — discrimination salariale, protection sociale, conditions de travail et retraite — il appelle les pouvoirs publics et les partenaires sociaux à assumer pleinement leurs responsabilités.
Selon lui, la défense des droits des agents n’est pas négociable, car elle relève avant tout d’une question de dignité humaine. Le respect dû à chaque travailleur, quel que soit son statut ou sa fonction, constitue le fondement d’un service public efficace et équitable.
