À Bandandar, dans la commune de Djilor (région de Fatick), les pas des randonneurs ont résonné bien au-delà du simple cadre sportif. À l’occasion de la 3ᵉ édition de la randonnée pédestre « Les 10 km de Bandandar–Keur Niaouth », organisée ce dimanche 12 janvier 2026 en hommage au Sergent Harouna Khouma, les populations locales ont surtout profité de l’événement pour alerter sur leurs difficiles conditions de vie.

Si la mobilisation a été massive, avec des centaines de participants venus des villages environnants, l’ambiance festive a rapidement laissé place à un plaidoyer collectif. Derrière l’effort physique, les habitants ont tenu à exposer aux autorités locales et aux partenaires présents une réalité sociale jugée préoccupante.
La santé a constitué la principale doléance. Avec une population estimée à plus de 2 000 habitants, Bandandar ne dispose que d’une seule case de santé, largement insuffisante pour couvrir les besoins sanitaires de la localité. Les populations dénoncent des évacuations médicales fréquentes vers Djilor, Passy ou Foundiougne, souvent coûteuses et parfois dramatiques, faute de moyens financiers ou de prise en charge rapide.

« Tomber malade ici, c’est déjà un combat », confie un habitant, plaidant pour la construction d’un poste de santé fonctionnel, doté de personnel qualifié et d’un minimum d’équipements. L’autonomisation économique des femmes a également été au cœur des échanges. Malgré leur rôle central dans la vie communautaire, les groupements féminins peinent à accéder au financement, à la formation et aux intrants agricoles, notamment pour le maraîchage. Une situation qui fragilise les ménages et freine les perspectives de développement local. Autre préoccupation récurrente : le chômage des jeunes. Faute d’opportunités économiques et de formations adaptées, beaucoup se retrouvent sans perspectives, exposés à l’exode rural ou à la précarité.

Pour les organisateurs, cette randonnée dépasse largement le cadre sportif. « Honorer la mémoire du Sergent Harouna Khouma, c’est aussi poursuivre son combat pour une communauté plus digne et mieux prise en charge », a déclaré Mamadou Ndao, président du comité d’organisation.
Ainsi, cette randonnée pédestre s’est transformée en véritable tribune citoyenne, où sport et devoir de mémoire ont servi de leviers pour interpeller les décideurs. À Bandandar, marcher, c’était aussi revendiquer le droit à la santé, à l’emploi et à une vie meilleure.
