Au-delà de la ferveur spirituelle ayant marqué l’édition 2026 du Gamou de Médina Niassène, tenue ce samedi 17 janvier à Keur Madiabel, l’événement a également servi de cadre à une interpellation citoyenne de portée nationale. Le Khalife de Cheikh Serigne Mbaye Niass, Cheikh Mahy Serigne Mbaye Niass, a profité de ce grand rassemblement religieux pour attirer l’attention du Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, sur la crise persistante que traverse la filière arachidière au Sénégal.

Face à une assemblée composée de fidèles, de notabilités religieuses et de responsables locaux, le guide spirituel a dressé un constat alarmant de la situation des paysans, confrontés à des difficultés structurelles dans la commercialisation de leur production. Baisse des prix, lenteurs dans l’écoulement des récoltes, retards de paiement et insuffisance des mécanismes d’accompagnement figurent parmi les dysfonctionnements relevés, mettant en péril la viabilité économique du monde rural.
Dans son message, Cheikh Mahy Serigne Mbaye Niass a insisté sur le caractère hautement stratégique de l’arachide, pilier historique de l’économie agricole sénégalaise. À ce titre, a-t-il souligné, cette culture ne saurait être traitée comme une simple marchandise saisonnière. Il a appelé les pouvoirs publics à repenser en profondeur les politiques d’encadrement agricole, afin de sécuriser durablement les revenus des producteurs et de restaurer la confiance des paysans envers les circuits officiels de commercialisation.
Cette prise de position met en lumière le rôle croissant des autorités religieuses dans le débat public, notamment sur les questions socio-économiques touchant directement les populations. À Médina Niassène, la parole spirituelle s’est ainsi muée en un plaidoyer pour la justice sociale, en faveur de la protection du monde rural, perçu comme un socle essentiel de la stabilité nationale.
Adressé directement au Chef de l’État, ce message résonne comme un appel pressant à l’action, dans un contexte où les attentes du secteur agricole demeurent fortes. Il pose, une fois de plus, la question de la capacité de l’État à apporter des réponses structurelles et durables à une crise qui dépasse le cadre conjoncturel et touche au cœur même de l’économie rurale sénégalaise.
