Au-delà du diagnostic alarmant posé sur la situation sécuritaire du continent, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a esquissé une feuille de route ambitieuse visant à permettre à l’Afrique de relever ses défis et de construire une stabilité durable. Il s’exprimait en marge de la cérémonie d’ouverture de la 10ᵉ édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique.

Selon le Chef de l’État, « le continent n’est pas démuni », soulignant que des progrès significatifs ont été accomplis, notamment à travers les mécanismes de prévention des conflits et les dispositifs de maintien de la paix mis en place par l’Union africaine et les organisations régionales comme la CEDEAO. Il a toutefois reconnu que ces dispositifs restent limités par des contraintes financières, techniques et opérationnelles.

Le Président a ainsi appelé à un renforcement urgent de ces architectures de sécurité afin de les rendre plus efficaces, mieux financées et davantage adaptées aux réalités du terrain.
Au-delà de la sécurité, la question de la souveraineté a occupé une place centrale dans son intervention. « L’Afrique ne doit plus voir son agenda dicté de l’extérieur », a-t-il martelé, plaidant pour une autonomie stratégique, économique et numérique du continent.

Dans cette dynamique, Bassirou Diomaye Faye a insisté sur la nécessité de mieux valoriser les ressources naturelles africaines. Du pétrole au gaz, du lithium à l’uranium, en passant par les ressources halieutiques, il a préconisé une transformation locale : « extraire chez nous, transformer chez nous et vendre », une approche qu’il considère comme le levier d’un développement structurant.
Pour relever ces défis, plusieurs axes prioritaires ont été mis en avant, notamment :
- le renforcement des mécanismes de prévention et de gestion des conflits ;
- l’opérationnalisation des forces africaines en attente ;
- l’intensification de la coopération régionale contre le terrorisme et les réseaux criminels ;
- le développement d’une industrie de défense africaine ;
- l’investissement massif dans la jeunesse, l’éducation et le numérique ;
- l’amélioration de la gouvernance des ressources naturelles ;
- l’accélération de l’intégration africaine à travers des cadres comme l’Agenda 2063.

Le Chef de l’État a également insisté sur le lien étroit entre sécurité et développement. Selon lui, la lutte contre l’insécurité ne saurait se limiter à une réponse militaire. « Elle doit impérativement s’accompagner de politiques de développement visant à réduire la pauvreté et les inégalités, principales sources de conflits », a-t-il souligné.
Évoquant les conséquences humaines des crises, il a rappelé la situation des enfants privés d’école au Sahel, des familles déplacées et des jeunes vulnérables, souvent recrutés par des groupes criminels. « Ce ne sont pas des statistiques, ce sont des vies », a-t-il affirmé.

Convaincu du potentiel du continent, Bassirou Diomaye Faye a appelé à une Afrique unie, confiante et pleinement actrice de son destin, exhortant les participants à faire de ce forum « celui de la maturité et du passage à l’action ».
C’est sur cette note d’espoir et de responsabilité collective qu’il a officiellement ouvert la 10ᵉ édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique.
