À Kédougou, les chiffres issus du secteur extractif confirment le poids économique de la région, sans pour autant dissiper les interrogations sur ses retombées sociales. Selon les données présentées lors d’une rencontre régionale consacrée au Rapport ITIE 2024, les entreprises minières opérant dans la zone ont généré plus de 175 milliards de FCFA, soit près de 40 % des recettes extractives du pays. Une progression qui s’inscrit dans la continuité des performances enregistrées l’année précédente.

Cette dynamique est largement attribuée aux grandes sociétés minières actives dans la région, notamment celles engagées dans l’exploitation aurifère. Leur contribution, renforcée par celle d’autres opérateurs, alimente de manière significative l’économie locale, tout en consolidant la place stratégique de Kédougou dans le paysage extractif national.
La rencontre, tenue en présence des autorités administratives, des élus territoriaux et des acteurs du secteur, a également mis en lumière l’apport direct de la région au budget de l’État. Celui-ci est estimé à plus de 169 milliards de FCFA, représentant une part comparable des recettes nationales issues des ressources extractives.
Mais derrière ces résultats, les préoccupations persistent. Les intervenants ont relevé le contraste entre l’abondance des ressources naturelles et les conditions de vie des populations locales. Les défis environnementaux, sociaux et économiques continuent d’alimenter le débat sur la gestion et la redistribution des richesses minières.
Face à ce constat, un appel a été lancé en faveur de politiques publiques plus structurantes, capables de transformer les ressources en leviers durables de développement. L’accent a notamment été mis sur la nécessité de promouvoir des chaînes de valeur locales, de soutenir l’emploi des jeunes et des femmes, et de renforcer l’impact concret des revenus extractifs sur les territoires.
Malgré des avancées notées en matière de gouvernance, illustrées par une évaluation jugée très satisfaisante dans le cadre de l’ITIE, les autorités et les acteurs impliqués reconnaissent que des efforts supplémentaires restent indispensables. L’enjeu demeure de faire des ressources naturelles un véritable moteur de développement inclusif et équilibré pour la région.
Fily cissokho
