Entrée au bois sacré des jeunes du village de Balinghor : focus sur le plus important rituel de l’ethnie DIOLA.

Le samedi 13 août, le village de Balinghore situé à mons de 2O km de la commune du Bignona/Ziguinchor a initié au bois sacré une génération de jeunes garçons. Un événement qui symbolise la richesse de la culture des populations de l’Ethnie Diola, et le mystique qui l’entoure. La cérémonie d’entrée au bois sacré est intitulée « foutampe », qui signifie, initier. Et, les garçons âgés entre 1 et 36 ans, voire plus, vont subir à cette occasion une initiation faite dans le bois sacré. Les futurs initiés sont, eux, appelés « kou mbathe », des non-initiés.

À l’approche de leur initiation, ils retirent leurs vêtements et accoutrements habituels ou conventionnels pour enfiler un morceau de tissu scellé sous forme d’un pantalon bouffant, (thiaya) entre les reins et les cuisses. Ensuite, un perlage orne le cou, la tête,et les chevilles. Une étoffe en tissu et souvent de couleur rouge est attachée aux biceps et aux poignets, des pagnes tissés croisés cachent la poitrine et une partie du ventre. En dernier lieu, les futurs initiés sont munis d’un instrument de musique traditionnelle qui permet de rythmer une danse à tout moment. Car, un «mbath», doit être un bon danseur,et ses ainés déjà initiés peuvent l’inviter ou l’imposer à danser autant de fois qu’ils le souhaitent.

Le jour de l’entrée au bois sacré, est un moment spécial, durant lequel ceux qui sont issus du village et les Diolas, d’autres contrées de la Casamance, fêtent ensemble l’entrée des futurs initiés au bois sacré. Et, ils le célèbrent en se rivalisant de pouvoirs mystiques. À ce niveau, c’est surtout l’invulnérabilité au couteau et au coupe-coupe qui dominent le rituel. On voit aussi ceux qui savent dompter le feu. Il y a ceux qui manient les armes à feu et des objets qui émettent des détonations comparables à celle d’une bombe ou d’une roquette. En somme, il s’agit d’illustrer aux yeux de tout le monde son pouvoir mystique et sa virilité. Un spectacle sans commune mesure. La matinée de la rentrée au bois sacré, des dizaines de bœufs sont immolés à l’honneur des étrangers venus de partout pour célébrer et accompagner les jeunes du village au bois sacré. Après une journée de rituels, de danses et de démonstration de pouvoirs mystiques…

Les futurs initiés sans distinctions de rangs ; du cadre supérieur à l’élève en classe de CI tous se mettent en torse nu, le crane rasé et sont accompagnés, vers la forêt. La durée du séjour au bois sacré varie d’un village à l’autre, mais elle est comprise entre une semaine à un mois. Une période durant laquelle, le jeune Diola acquiert une maturité et devient homme, décideur et responsable au même titre que tous les chefs de foyer de son village. Qu’est-ce qui est fait, dit ou préparé loin du village, dans une forêt, danse entre pères et fils, entre initiés et non initiés ? Avant de sortir du bois sacré, les jeunes initiés prêtent le serment de mourir avec ce secret.

Aliou Sambou

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