Tourisme: « LES GENS SONT TRES GENTILS, MAIS LE LAC N’EST PAS ROSE ! » (visiteur)

En pleine saison touristique, le lac Rose manque de touristes qui venaient tout le temps pour contempler ce beau paysage au Sénégal. En même temps, les paysans du sel habitués à ce lieu traverse une période de chômage technique. Qu’est ce qui est à l’origine de cette situation ? Pourquoi le niveau de l’eau est devenu montant et sa couleur « rose » changeante ? Autant de questions qui préoccupent les acteurs du milieu.

Les termes d’Alexandra, une touriste Portugaise pour exprimer sa déception et son désespoir face à la situation qui prévaut au fameux Lac Rose, ces derniers temps, explique exactement le problème dont traverse l’économie du site. L’étrangère a répondu au micro de RFI lorsqu’elle s’apprêter à faire la traditionnelle balade en pirogue sur les eaux en perte de salinité. « J’ai vu tellement de photos, je rêvais de le voir mais j’ai été déçue…C’est un bel endroit, les gens sont très gentils mais le lac n’est pas rose. » En fait les touristes ont maintenant pris la tendance de déserter ce lac. 

Localisé sur la Grande -Cote à la base de la presqu’ile du Cap-Vert, à 35km au nord-est de la capitale Dakaroise, le lac Rose ou lac Retba était une lagune côtière fermée. C’était le deuxième site le plus visité du Sénégal et fut connu par l’arrivée du PARIS-DAKAR. En outre la zone d’eau s’étendait seulement à 3KM environ, avec une profondeur faible. 

Par ailleurs, le cours d’eau était réputé salé et avait une teinte rose qui faisait son identité comme d’habitude. Ce phénomène était relatif à la présence d’une algue microscopique qui donnait cette couleur changeante du lac. En plus d’être un levier touristique, c’est un lieu où l’extraction du sel est pratiquée de façon manuelle. Le sel y est exploité depuis les années 1970. « Là, il y’avait des tonnes de sel chaque jour…J’étais obligé après d’aller trouver du travail à Dakar », déclare un jeune paysan du sel qui s’activait pour gagner sa vie avec d’autres confrères.

En effet, le lac a totalement perdu de son degré de salinité qu’il avait à cause des précédentes saisons des pluies qui ont dilué les algues de ces eaux. Mais il y a lieu de noter que ce phénomène est aussi dû à la forte urbanisation de Dakar et des hôtels proches du lac. En vérité, les eaux de pluies des communes environnantes comme Sangalkam ont été drainées sur le lac, martèlent certains acteurs qui travaillent sur le site. Également les eaux usées des bâtiments ont été en même temps déversées sur l’étendu et ont ainsi pollué l’environnement qui était hélas paradisiaque.Dans ce cas, il y a lieu de s’interroger sur la responsabilité de l’ONAS dans cette affaire.

« Avant la covid, ça marchait très bien, on pouvait gagner de quatre-vingt mille jusqu’ à cents mille francs par jour. Mais actuellement pour pouvoir gagner un mille francs, c’est un peu difficile ! », regrette Mor Guèye le président des artisans de lac Rose qui sollicite un soutient de l’état. Puisque leur lieu de travail a été engloutis par les eaux. De même, le service de l’hôtellerie a subi le même coup car il a vu son chiffre d’affaires baissé jusqu’à engendrer une diminution de ses emplois. Pourtant ces mois de Mars et Avril presque toutes les chambres des hôtels étaient occupées.

Il incombe naturellement à l’état à débarrasser dusite, ce lourd fardeau afin que l’environnement se réconcilie avec son lustre d’antan sur le plan économique et social.

KHADIM SENE

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